Actualité théâtrale

Théâtre du Rond-Point jusqu’au 29 septembre à 21h

« Le cours classique » texte d’Yves Ravey Mise en scène Sandrine Lanno.

Un professeur d’anglais, monsieur Pipota, accompagne des élèves à un cours de natation en piscine. Il s’est équipé d’un slip de bain acheté en catastrophe et d’un bonnet de caoutchouc rouge vif qu’on lui a prêté.

La médiocrité de sa brasse et un accoutrement ridicule provoquent les moqueries de certains élèves alors que d’autres, pour lui faire boire la tasse, lui enfoncent la tête sous l’eau.
Farce de potache, incident mineur ou au contraire, tentative d’assassinat ?

Les avis sont partagés chez les professeurs et l’indulgence dont font preuve la cheffe d’établissement le professeur principal de la classe contrastent avec la position du Censeur des études qui voit dans une sanction exemplaire le moyen de revenir à l’ordre et qui a l’intention de mettre l’incident entre les mains de la justice.

Autorité abusive, sur-interprétation, excès d’indulgence frisant le laxisme, dérapages d’un système en roue libre ; au collège «  Trinité  », on est soucieux de la réputation de l’établissement et du respect de la règle.

Jean-François Saint-Exupéry, le préfet d’études a la rigueur de ceux qui sont farouchement à cheval sur les principes mais qu’un goût du pouvoir sournois va conduire à la suite de ridicules excès d’appréciation jusqu’au drame.

Théâtre : Le cours classique

Yves Ravey est professeur d’arts plastiques et de lettres en collège. Son roman «  Le Cours classique » qui n’était nullement destiné au théâtre, porte un regard sans concessions sur le fonctionnement étriqué d’un établissement scolaire rigoureux mais confronté à l’évolution des mentalités où les élèves ne sont plus aussi respectueux de la hiérarchie.

Joël Jouanneau et Sandrine Lanno dans leur adaptation, ont axé leur travail sur la progression sourde des tensions qui opposent les deux personnages que sont le professeur principal Conrad Bligh et le censeur des études, Jean-François Saint-Exupéry.

En filigrane, le texte qui en résulte questionne sur la médiocrité « ordinaire » de la nature humaine sur le talent diabolique de ceux qui cherchent à la contraindre.

Deux personnalités contrastées qui, pour justifier leur position, se positionnent face aux spectateurs qui deviennent, tour a tour, les élèves de la classe ou les membre de la commission chargée de prononcer le verdict final.

Si le spectacle qui se donne sur le plateau de la salle Tardieu du Théâtre du Rond Point ne perd jamais de vue le regard porté par l’auteur sur un monde en désarroi où chacun, comme un beau diable, tente de se justifier et invente sa propre défense, il est avant tout dans les partitions ou excellent deux comédiens magnifiques, chacun dans un registre à la fois voisin et différent.

Ce que Philippe Duclos et Grégoire Osterman nous proposent est au-delà de la performance. C’est un travail d’orfèvres, à la fois modeste et flamboyant.

Francis Dubois

Théâtre de Rond-Point 2 bis avenue Franklin Roosevelt 75 008 Paris. Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) :01 44 95 98 21 / theatredurondpoint.fr

Réservations au 01 44 95 98 21 / theatredurondpoint.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Dépendances »
    Deux frères, Henri et Tobias se retrouvent dans un appartement vide et un peu délabré qui fut celui de leur famille. Ils attendent leur frère Carl, qui comme d’habitude est en retard, pour décider de... Lire la suite (18 janvier)
  • « Un conte de Noël »
    La metteuse en scène Julie Deliquet a fait des études de cinéma et s’est toujours intéressée au rapport entre théâtre et cinéma, comme elle l’avait si bien montré avec Fanny et Alexandre créé l’an passé... Lire la suite (17 janvier)
  • « La lune en plein jour »
    La comédienne, autrice et metteuse en scène Marisa Tomé se penche sur son histoire, une histoire marquée par l’exil, celui de son arrière grand-mère juive polonaise ayant fui la Pologne pour un pays... Lire la suite (16 janvier)
  • « Rosa Luxemburg Kabarett »
    Pourquoi faire un portrait de la révolutionnaire mythique sauvagement assassinée en janvier 1919 par ces Corps Francs qui annonçaient les S.A et le nazisme à venir ? Parce que ses discours et ses... Lire la suite (14 janvier)
  • « Du ciel tombaient des animaux »
    Quatre dames d’un certain âge sont assises prenant le thé dans un jardin. Aux trois amies s’est jointe une femme, Mrs Jarrett, qui passait dans la rue et qu’elles ont invitée à les rejoindre. Elles... Lire la suite (13 janvier)