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Un film de Jerzy Skolimowski (Belgique 1967)

"Le départ" Sortie en salles le 7 septembre 2011

Marc, un jeune garçon coiffeur de dix-neuf ans ne rêve que de voitures, rallyes et courses.
Il s’inscrit pour une importante compétition. L’engin avec lequel il participera au rallye, une Porsche, est la voiture de son patron qu’il compte lui "emprunter". Avec un copain du salon de coiffure, ils s’entraînent de nuit clandestinement.
Mais au dernier moment, ils apprennent que leur patron utilisera la Porsche pour partir en week-end.
En 1967, Jean-Pierre Léaud est encore sous le coup du succès des "Quatre cents coups". Il a surtout travaillé avec Jean-Luc Godard et vient de tourner "La Chinoise". Son statut d’enfant chéri de la Nouvelle vague lui offre une place à part dans le paysage du cinéma français des années 60.

Jerzy Skolimowski était, avec Roman Polanski, un des meilleurs représentants de la fameuse Ecole de Lodz.
Il avait collaboré à deux films marquants du début des années 60," Les innocents charnels" de Andrzej Wajda et Le couteau dans l’eau" de Roman Polanski.
"Le départ" est un film sur mesure pour le Jean-Pierre Léaud de l’époque. Skolimowski prenait la relève de Truffaut et Godard, avec ce comédien au jeu atypique, et révélait au monde du cinéma la prise de pouvoir d’un registre narratif inventif, constitué d’une somme d’instantanés éclatants, le refus du linéaire, le risque de l’incohérence.
Le film, qui se situe dans la filmographie du cinéaste après la période polonaise et avant l’Angleterre, est une parenthèse inspirée qui s’apparente aux réalisations les plus audacieuses de l’époque.
Face au jeu keatonien de Jean-Pierre Léaud, à la construction en apparence désordonnée du film, on est perplexe. Doit-on voir "Le départ" comme le film témoin d’une époque enjouée, un tantinet potache, débordante, à la recherche à tout prix d’une liberté de ton. Doit-on le voir comme une œuvre vieillie ou comme une œuvre novatrice appartenant à un cinéma sur lequel il faudrait garder l’œil ouvert pour ne pas risquer de retomber dans l’académisme.
"Le départ" ne cède à aucun enchaînement prévisible. Quant à Léaud, ici tout semble lui être permis. Ses mimiques appuyées, ses gestes, le mouvement de ses regards, ses extravagances semblent couler de source.
Mais le film de Skolimowski est, derrière tout ça, un beau récit d’apprentissage, l’histoire d’une jeunesse qui vit ses derniers moments, fout le camp et ne reviendra plus.
Le dernier quart d’heure du film, nocturne et fragile, bascule dans un univers rimbaldien même s’il ne renie rien, ne perd ni sa grâce, ni sa fantaisie.
Le temps de l’immaturité est révolu. L’heure de l’âge adulte a sonné.
Francis Dubois

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