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Un film de Julia Solomonoff (Argentine Espagne France)

"Le dernier été de la Boyita" Sortie en salles le 8 septembre

Chaque été, Jorgelina, onze ans, passe le plus clair de son temps à jouer avec sa sœur aînée dans "la Boyita", une roulotte garée au fond du jardin. Mais cette année, les choses ont changé. Les parents se sont séparés et la grande sœur devenue une adolescente a de nouvelles préoccupations.
Jorgelina va passer les vacances à la campagne avec son père. Là, elle retrouve Mario, le fils de paysans voisins à peine plus âgé qu’elle. La complicité qui les unit va permettre à Mario de se libérer d’un lourd secret.

Au cours de son enfance, Julia Solomonoff entendit ses parents, tous deux médecins, parler d’un adolescent qui habitait la campagne et qui avait ses menstruations. A l’âge où elle-même entrait dans la phase de transformation que représente la puberté, cette révélation entraîna chez elle des sentiments de confusion et d’angoisse. L’idée la poursuivit au point qu’elle écrivit un premier traitement du sujet. Elle avait comme support à sa démarche narrative, la campagne de son enfance, ces lieux d’immensité, de découverte et de liberté qu’elle connaissait très bien puisqu’elle y avait passé de nombreuses périodes.
Un premier tiers du film est consacré presque exclusivement au personnage de Jorgelina, à se familiariser avec une personnalité singulière déjà marquée, à sa maturité précoce, à son regard curieux de comprendre le comment du monde complexe qui l’entoure.
Avec l’arrivée à la campagne, apparaît le personnage de Mario, un garçon sauvage à la blondeur rude, âpre aux travail et prenant à cœur les responsabilités qui lui échoient. C’est alors que Jorgelina va tenter de s’imposer auprès du garçon peut-être parce qu’il s’apparente à elle sur bien des points, personnalité trempée, curiosité à propos de tout, préoccupation à propos des transformations qui arrivent avec l’âge.
Jorgelina va gagner la confiance de Mario et celui-ci se laissera apprivoiser comme un jeune animal, par à coups, avec prudence.
"Le dernier été de la Boyita" est une œuvre intimiste racontée à hauteur d’enfant. Il est servi par deux jeunes comédiens dont le jeu est d’une telle intensité et d’une telle justesse qu’il nous touche d’un bout à l’autre du récit. Les paysages campagnards, les travaux des champs et les festivités de l’été, photographiés avec finesse font le reste.
Francis Dubois

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