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Un film de Gurinder Chadha (Grande – Bretagne)

« Le dernier vice-roi des Indes » Sortie en salles le 5 juillet 2017.

Mars 1947.

Après trois cents ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir Lord Mountbatten et sa famille.

Petit-fils de la reine d’Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, « Dicke » Mountbatten aura pour mission de préparer le pays à l’indépendance.

Mais la tâche va s’avérer beaucoup plus compliquée que prévu.

Les négociations engagées avec Nehru, Gandhi et Jinnah se succèdent mais elles sont perturbées par des conflits religieux et le Vice-Roi n’aura d’autre choix que d’entamer la partition des Indes et la création d’un nouvel état, le Pakistan.

Dans ce contexte difficile, Jeet et Asila, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, vont voir leur amour contrarié par la tournure des événements.

Ils devront choisir entre l’amour qui les lie et la fidélité à leur communauté.

La décision à laquelle a été acculé Lord Mountbatten va déclencher un des plus grands exodes de population de l’Histoire, dont les effets se poursuivront jusqu’à nos jours.

Cinéma : Le dernier vice-roi des Indes

La partition de l’Inde est une page de l’histoire qui a toujours interrogé Gurinder Chadha bien qu’elle ait vécu à Londres et qu’elle soit née à Nairobi treize années après la division de l’Inde en deux nations.

Ses grands parents ont été les témoins du chaos au cours duquel la violence tribale entre la minorité musulmane et la majorité hindoue a occasionné l’exode de quatorze millions de personnes parmi lesquels, un million a péri.

La création du Pakistan réjouissait des millions de musulmans mais avant d’y arriver de nombreux musulmans, hindous et Sikhs ont terriblement souffert....

« Le dernier Vice-Roi des Indes  »se partage équitablement entre la grande Histoire, le douloureux passage au partage de l’Inde et le récit intimiste d’un amour contrarié par une incompatibilité d’appartenance religieuse.

La reconstitution historique est d’une grande ampleur. Elle est fastueuse, avec un soin particulier apportés aux costumes et aux décors.

Cette ampleur de la mise en scène qui apparente le film aux grandes productions hollywoodiennes de la grande époque, se trouve nuancée par le volet intimiste du film liée à l’histoire d’amour contrariée.

A cette nuance, s’ajoute le contour très humain des personnages saisis à la fois par le sens du devoir, le doute qui les habite et les renvoie à leur sensibilité d’hommes et de femmes qui laissent libre cours à leurs émotions.

Hugh Bonneville qui interprète Dickie Mountbatten et Gillian Anderson, son épouse, composent avec beaucoup de sensibilité un vieux couple complice.

Tous les interprètes sont parfaits à commencer par ceux qui ont la délicate tâche d’interpréter les personnages épisodiques de Nehru, de Gandhi et de Jinnah, dont le public a déjà une image et qui sont troublants de vérité.

Francis Dubois

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