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Un film de Aleksei Fedorchenko (Russie)

"Le dernier voyage de Tanya" Sortie en salles le 3 novembre

Un belle femme meurt à la force de l’âge. Miron, son époux ne peut se résoudre à une sépulture classique pour elle. Il souhaite lui offrir un dernier voyage jusqu’au lieu où, quelques années plus tôt, s’est déroulé leur modeste voyage de noces, en respectant le rituel des Méria, une ancienne tribu russe dont les traditions restent encore en mémoire.
Pour l’accompagner dans cette étrange villégiature, il sollicite la présence de son meilleur ami, Aist. Ensemble, le corps de Tanya à leurs côtés, ils sillonnent le pays comme la tradition le veut. Mais au bord du Lac sacré, devant le bûcher dressé, Miron a la confirmation qu’il n’était pas seul à aimer la jeune femme.
"Le dernier voyage de Tanya" est, selon les propres termes de Aleksei Ferdorchenko, "un conte de fée pour adultes" au sens russe du terme, dans lequel il est question d’un cheminement personnel au cours duquel couve, avec une forte empreinte érotique, une sorte de tragédie douce dont l’action débute avec la chute des premières feuilles et s’achève avec les premiers flocons de neige de l’hiver.
La voiture traverse des paysages et des villes singulières du nord au sud à un rythme qui échappe aux effets de la civilisation moderne, à ceux de la violence qui marque la communication entre les gens, à l’accélération des modes de vie qu’il est de plus en plus difficile de contourner.
"Le dernier voyage de Tanya" est un film silencieux. Les actes qui jalonnent le voyage n’ont besoin, à aucun moment, d’être soulignés par des échanges verbaux, commentaires intimes ou échanges d’impressions. Les regards suffisent et tout au long du périple, c’est à travers eux et la complicité qui en résulte, que ne cesse de grandir l’amitié des deux hommes. Seuls s’invitent quelques souvenirs évoqués par des courts retours en arrière où apparaît, dans sa resplendissante beauté, le personnage de Tanya. L’accomplissement du rite épargne aux deux hommes la douleur liée à la perte de l’être cher. Cet hommage rendu à la défunte est la plus belle preuve d’amour. Et la scène centrale du bûcher, motif incandescent dans un paysage marécageux, humide et froid, en présence des deux hommes impassibles, est un moment de cinéma d’une intensité dramatique rarement atteinte sans qu’il soit besoin de mettre en branle le mécanisme habituel de l’émotion.

"Le dernier voyage de Tanya" était présenté en Compétition officielle à la Mostra de Venise 2010.
Francis Dubois

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