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Un film de Gilles Martinerie (France)

"Le diable dans la peau" Sortie en salles le 27 mars 2013

Les grandes vacances scolaires viennent de débuter. Xavier jeune adolescent et son petit frère Jacques vont pouvoir profiter pleinement des vastes espaces qui entourent le village, avec leurs amis. Entres baignades, parties de pêche, promenades en vélo, les journées passent vite.

Mais une ombre survient. Xavier apprend qu’à la prochaine rentrée, Jacques quittera la maison pour être scolarisé dans une "école spécialisée".

Jacques est-il un enfant surdoué à qui il faut un autre enseignement que celui que lui fournit l’école communale (!) ? Est-il dans son intérêt d’être éloigné d’un frère en pleine crise de rejet du monde des adultes ou d’un père inactif et solitaire, passant le plus clair de son temps devant l’écran de sa télévision ?

La nouvelle du départ prochain de Jacques affecte Xavier dont l’hostilité vis-à-vis des adultes le conduit à des actes désordonnés.

Lorsque le drame surviendra, il ne lui restera plus qu’à mesurer l’étendue des dégâts et à considérer sans rancœur, le monde qui l’entoure.

Gilles Martinerie qui a passé son enfance et son adolescence dans le Limousin, a de toute évidence voulu, avec ce film, rendre hommage à la nature, aux paysages qui ont été le cadre de ses grandes vacances d’autrefois à la campagne.

La façon dont il filme les vastes étendues, les bois, les rivières, le petites routes le plus souvent désertes en témoignent.

Sur cette toile de fond très bien photographiée, il a greffé une histoire qui très vite, s’annonce assez convenue.

Celle de deux frères très différents mais si proches l’un de l’autre que l’idée d’être séparés leur paraît impensable.

Xavier est aussi intrépide, farouche et revanchard que Jacques est doux, contemplatif et réfléchi.

Que peut-il advenir d’un tel postulat ? Faut-il s’en tenir aux situations, à l’état des choses, aux agissements, au quotidien de personnages ordinaires que les effets d’un lourd passé, poursuivent ?

Faut-il pousser le récit jusqu’au drame ainsi qu’à choisi de le faire Gilles Martinerie ?

Il n’est pas certain que la fin tragique qui survient serve l’histoire et qu’il ait fallu en arriver à cette extrémité pour que Xavier porte un vrai regard sur la vie, pour que le père sorte de l’ornière de la violence.

Un tracé du récit plus contenu aurait sans doute mieux convenu à une histoire qui n’aurait dû être qu’une chronique d’un été pour prendre ses bonnes marques.

Le film est joli. L’interprétation est souvent empêtrée dans des situations "obligées". Aucun personnage n’est saillant, pas même celui de Xavier, trop peu nuancé.

Une mention spéciale pourtant au jeune garçon qui joue Jacques. Les moments d’émotions sont souvent liés à sa présence à l’écran.

Francis Dubois

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