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Un film d’Antoine Barraud (France)

"Le dos rouge" Sortie en salles le 22 avril 2015.

Un cinéaste travaille à l’écriture de son prochain film dont le thème sera « la monstruosité dans la peinture ».

Pour le guider dans ses recherches, la production lui désigne une historienne d’art avec laquelle il aura des discussions étranges et passionnées.

Mais cette jeune femme érudite et drôle qui deviendra une autre personne à un moment donné des recherches, ne sera pas la seule à aider Bertrand à lever le voile sur ses questionnements du cinéaste.

Il y aura pour l’éclairer sur un projet encore embryonnaire, les interrogations de ses futurs interprètes, les personnages de certains de ses précédents films, un jeune journaliste qui voudrait le rejoindre dans un domaine plus intime, une sœur aimante qui représente une sorte de repère concret, un point d’ancrage rassurant.

Mais quelle est l’origine de cette tâche rouge qu’il se découvre un matin dans la partie basse de son dos et qui va grandir jusqu’à se propager à presque tout son corps, la même que Barbara porte à la surface de son cou et qu’elle dissimule sous sa chevelure ?

Cinéma : Le dos rouge

Antoine Barraud avait réalisé en 2013 un premier film " Les gouffres " où un archéologue venait avec sa femme, sur des lieux où l’on venait de découvrir l’existence d’immenses gouffres. Les travaux de recherches s’avéraient d’autant plus dangereux que la région était sujette à des secousses sismiques importantes.

L’écriture d’un prochain film est sans doute, à sa manière, une plongée dans le vide et les recherches entreprises conduisent à des événements inattendus, à des phénomènes difficilement contrôlables qui peuvent rejoindre ceux liés aux éléments.

Mais le personnage de Bertrand a les pieds sur terre et dans l’exploration du sujet de son futur film, il est en terrain connu. Le tout est d’apprendre à déceler l’existence dans les toiles, même si elle n’y est pas directement lisible, de monstres de tous acabits.

Si les recherches du cinéaste, guidées par sa collaboratrice éclairée, mettent le film sur le rail d’une appartenance à un genre dit "intellectuel", les propos échangés, les séquences alternatives, un humour toujours inattendu savent apporter assez de distance pour sortir d’un discours hermétique et aller vers le drôle et parfois jusqu’au cocasse.

Antoine Barraud a su construire son film de telle sorte, qu’en multipliant les personnages et en émaillant son récit de séquences concrètes avec des moments de vraie "respiration", il ne tombe jamais dans le danger d’une réflexion obtuse sur la création.

"Le dos rouge " est un film d’une grande liberté de ton, qui jongle avec des tonalités narratives contrastées, des situations puisant dans le quotidien des personnages, dans leurs réserves de candeur et de drôlerie.

"Le dos rouge " est un film ample, vaste, lumineux, construit avec une précision d’orfèvre, riche de sa lumière, de ses cadrages, de la présence de comédiens à la fois prévisibles et inattendus, chacun donnant à sa prestation ses limites extrêmes. Bertrand Bonello en tête, dans le rôle du cinéaste, Jeanne Balibar (enfin dans un vrai retour), Géraldine Pailhas (dans le rôle de son double) mais aussi Pascal Greggory (drôle) Valérie Dréville (irrésistible), Nicolas Maury (troublant et émouvant) ou Nathalie Boutefeu (grandiose)…

Ce film, en dépit d’un titre peu représentatif, devrait faire date et connaître, à défaut d’un succès public, la reconnaissance de la presse et des récompenses officielles.

A voir, pour assister à un moment fascinant de cinéma.

Francis Dubois

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