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Un film d’animation de Jean-Christophe Dessaint (France)

"Le jour des corneilles" Sortie en salles le 24 octobre 2012

Le roman de Jean-François Beauchemin est un ouvrage pour adultes. Amandine Taffin en a écrit une adaptation cinématographique destinée aux enfants.
Il est possible que l’œuvre finale, une animation d’une durée d’1heure 36, ait légèrement souffert de la métamorphose. Mais ceci n’est certainement pas la seule raison qui fait du "Jour des Corneilles" une animation bancale, un peu comme si elle avait été faite de bric et de broc, sans véritable concertation entre les auteurs de l’histoire et les graphistes, entre les faiseurs de dialogues, les voix, les décors et les atmosphères.

Dans la grande forêt peuplée de bêtes sauvages et d’esprits à têtes d’animaux, le fils Courge qui a été sauvé bébé, par une mère marmotte, vit en sauvageon en compagnie de son père, un colosse, chasseur et amateur de chair fraîche.
Celui-ci a toujours dit à son fils que rien n’existait au-delà des limites de la forêt et lui a toujours caché que sous son aspect monstrueux, se cachait un homme éprouvé par le deuil de sa femme.
Pourtant un jour, pour sauver son père blessé, l’enfant va devoir trouver secours du côté de la région interdite où on appelle ogre, celui qui se nourrit de chair fraîche.
Contrairement à ce qu’avait affirmé le père Courge l’autre côté de la forêt est peuplé de personnes charmantes et dévouées aux autres, comme le docteur qui a accepté de le soigner et Manon, sa fille à laquelle, du haut de ses dix ans, le fils Courge n’est pas insensible.
Lorsque le passé de l’ogre se fera jour, il faudra l’intervention d’une corneille et de toute la colonie de ses consœurs, pour découvrir le fin mot de l’histoire.
Mais pourquoi, le graphisme représentant les personnages est si disparate et parfois si laid.
Pourquoi représenter le fils Courge sous la forme d’une espèce d’extra-terrestre avec trois poils sur le haut du front et pourquoi Lorent Deutsch qui lui prête sa voix, sur joue-t-il autant ?
Le fouillis n’est pas seulement dans le décor, notamment les enchevêtrements de la forêt parfois incompréhensibles mais dans l’histoire elle-même, dans le suivi des événements et la mollesse des rebondissements.
La poésie qui aurait dû être de la partie, tout comme l’émotion qui aurait pu se dégager de certaines situations, ne sont pas au rendez-vous.
L’invasion bienfaitrice des corneilles laisse indifférent tout autant que le dénouement qui ne fait suite à aucun suspens.
Francis Dubois

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