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Un film de Giulio Ricciarelli (Allemagne)

"Le labyrinthe du silence" Sorte en salles le 29 avril 2015.

Au cours de la période d’après-guerre, les allemands souhaitent oublier le passé et aller de l’avant.

Allant à l’encontre de cette politique de l’autruche, au début des années cinquante, un jeune procureur va se lancer dans une quête de la vérité et tenter de faire toute la lumière sur les crimes nazis qui ont eu lieu dans les camps de concentration et plus spécialement celui d’Auchwitz.

Il tentera, en recueillant des témoignages, d’amener devant les tribunaux des criminels et celui qu’il ne pourra pas sortir de sa retraite, le Docteur Josef Mengele dont les crimes consistaient en des expériences sur des personnes qu’il sélectionnait à leur arrivée dans les camps.

Malgré l’opposition sociale et politique qui tentera de le décourager dans ses recherches, Fritz Bauer parviendra, à force de détermination, à faire de l’Allemagne le premier pays au monde à poursuivre en justice ses propres criminels de guerre.

A travers la quête de cet homme de loi, " Le labyrinthe du silence" lève le voile sur un épisode historique peu connu qui a profondément changé le rapport de l’Allemagne vis-à-vis de son passé.

Cinéma : Le labyrinthe du silence

" Le labyrinthe du silence " est une histoire fictive à laquelle sont incluses des personnalités qui ont réellement existé, comme le procureur Fritz Bauer et le journaliste Thomas Gnielka.

Le personnage de Johann Radmann a été imaginé à partir du parcours de trois procureurs qui ont participé à l’enquête à l’époque.

Pour peser tout son poids, un tel sujet doit-il être traité comme un documentaire classique avec témoignages et images d’archives ou comme une fiction pour sensibiliser le plus grand nombre possible de personnes au problème qu’il pose ?

La question reste posée. Un film documentaire a peu de chance de rencontrer un vaste public.

Par ailleurs, une fiction, même si les événements historiques sont fidèlement respectés, passe forcément par des excroissances narratives, des épisodes romanesques qui, de toutes façons affaibliront le propos.

Une fiction a ses exigences, ses passages obligés. Une histoire d’amour s’impose de la même façon que s’imposent ici des histoires d’amitié (fidèles ou trahies).

Même si le film de Giulio Ricciarelli obéit aux règles de la fiction, il reste d’une belle efficacité.

Il apprend par exemple que dans les années cinquante, en Allemagne, nombreux étaient ceux qui n’avaient jamais entendu parler d’Auschwitz, que les victimes tout comme les criminels restaient dans le silence, que grâce à la ténacité de quelques procureurs a pu avoir lieu le procès de Francfort connu sous le nom du second procès d’Auschwitz, qui fut constitué dans les années 60, d’une série de jugements rendus par la justice allemande. Il dura plusieurs mois, d’août 1963 à août 1965 pour 183 jours d’audience avec l’intervention de témoins provenant de dix-neuf pays différents parmi lesquels 211 étaient des survivants d’Auschwitz.

Sur plus de 6000 anciens SS ayant servi à Auschwitz, seuls 22 ont comparu sur le banc des accusés.

6 seront condamnés à la prison à vie, 11 à 14 ans de prison. Les autres seront acquittés faute de preuves et deux décéderont avant de comparaître.

Mais 20 000 personnes assisteront à ce procès très médiatisé.

L’acharnement dont Fritz Bauer aura fait preuve pour que le procès des criminels d’Auschwitz ait lieu était une nécessité pour le bien de l’Allemagne future.

On lui reprocha cette ténacité qui revenait pour chaque jeune allemand à s’interroger sur le passé de son père ou d’un tout autre parent pendant cette période et sur la maxime sans doute difficile à mettre en pratique : " Personne n’a le droit d’être obéissant".

Francis Dubois

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