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Un film de Diao Yinan (Chine)

« Le lac aux oies sauvages » Sortie en salles le 25 décembre 2019.

Un chef de gang à la gueule d’ange en quête de rédemption et une prostituée prête à tout pour recouvrer sa liberté se retrouvent côte à côte, engagés dans une chasse à l’homme. Ensemble, ils vont jouer leur destin.

Après «  Train de nuit  », Diao Yinan, grand amateur « d’œuvres noires », voulait passer à la réalisation d’un polar ; autant pour engager le film selon les codes classiques du genre que pour trouver prétexte, sous un nouvel angle, à observer des individus confrontés à des situations extrêmes.

La première image qui lui est venue à l’esprit avant de partir sur l’écriture du scénario proprement dite, était la rencontre d’un homme et d’une femme dans une petite gare de banlieue, sous une pluie battante.

L’ image d’un couple mystérieux dans un décor presque onirique, donnait le ton du récit qui allait suivre et les atmosphères allaient tourner autour de l’eau : un lac à la périphérie d’une ville, la pluie incessante ou encore les images de baigneuses à grands chapeaux dans une ville balnéaire, l’étreinte fougueuse d’un couple à bord d’une barque...

Cinéma : Le lac aux oies sauvages

Il est possible qu’à filmer la nuit et ce qu’elle trimbale de mystères, de danger, de silences, des éléments oppressants qui nourrissent le polar, Diao Yinan ait opté pour une œuvre avant tout esthétique.

Le choix du polar était-il prétexte à des superbes images d’eau, de nuit, de scènes de pénombre engendrant le mystère et l’angoisse des menaces qui pèsent sur les personnages ou tout au contraire, le travail sur la photographie et le cadrage allait-il se mettre au service du polar ?

Les deux personnages principaux dont il sera difficile de définir ce qui les lie l’un à l’autre affrontent ensemble leurs peurs : la peur de la mort, la peur de la trahison, celle de cette menace quasi permanente qui les rend vulnérables et détruit l’image classique du héros qui a solution à toutes les difficultés qui se présentent.

Diao Yinan construit son film à partir de séquences contrastées tant par l’atmosphère que par les éclairages et les lumières. A l’onirisme de certaines d’entre elles, il passe à d’autres de coloration très réaliste. Un rythme parfois déconcertant puisqu’il juxtapose des univers très différents mais qui nourrissent le récit, y ajoutent une étrangeté permanente et entretiennent le spectateur dans un état de curiosité inquiète.

Si, à de nombreux moments du film, on est dans le thriller, l’œuvre de Diao Yinan échappe, grâce à la diversité des séquences et à ses ruptures de ton, aux clichés du genre.

Un récit étonnant, détonnant. Un film d’une grande beauté plastique.

Francis Dubois

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