Actualité théâtrale

au Théâtre du Lucernaire

"Le médecin malgré lui, Los Angeles 1990" Jusqu’au 24 août

Molière est à l’honneur en ce moment dans les salles parisiennes et il est assez plaisant que ce médecin malgré lui se joue en même temps que Le misanthrope à l’Odéon. En effet, Molière a pendant un temps joué alternativement les personnages d’Alceste et de Sganarelle. Mais à la différence du Misanthrope, Le médecin malgré lui est une farce et Molière veut surtout faire rire. Les dialogues sont vifs, les traits d’esprit brillants, les jeux de scène rapides et comme le disait Stendhal, « l’esprit y est sans cesse amusé par quelque chose de nouveau ».

Aurélien Rondeau et Quentin Paulhiac ont eu l’idée de sortir d’une mise en scène classique et, tout en respectant le texte à la lettre, de situer l’action à Los Angeles en 1990. Cela commence dans un terrain vague, où un couple de SDF se querelle au milieu des détritus, et la transposition se révèle très pertinente car la verve très actuelle de ce couple renvoie avec bonheur au festival de traits d’esprit qui ponctuent le premier acte de la pièce. On se déplace ensuite chez Géronte, dont les deux metteurs en scène font une sorte de JR, Stetson sur la tête, obsédé par l’argent. Sganarelle promis à la pendaison se voit affublé d’une combinaison orange à la Guantanamo. Les références au cinéma et à la télévision sont omniprésentes avec les figures américaines archétypales, des SDF (Sganarelle et Martine) au résident de Bel Air (Géronte) en passant par le garde du corps et les domestiques mexicains (Lucas et Jacqueline) et cela fonctionne très bien. On rit beaucoup, même les changements de décor d’un acte à l’autre deviennent des moments de plaisir visuel. Le rythme est enlevé, les acteurs sont pleins de fougue et de talent et l’on ne peut que vous inviter à venir vous régaler de ce Molière.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 18h30
Théâtre du Lucernaire
53 rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris
Réduc’SNES sur réservation : 01 45 44 57 34

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