Brevet

Le ministère refuse de consulter la profession sur le DNB

Compte-rendu de l’audience à la DGESCO du 8 juin 2009
Une 2ème réunion multilatérale sur le nouveau brevet a eu lieu à la DGESCO lundi 8 juin. L’objet de la rencontre était de recueillir l’avis des organisations syndicales invitées (le Snes, le Snep,le Se-Unsa, le Sgen-Cfdt et le Snalc) sur la nouvelle maquette, envoyée le vendredi précédent, ainsi que sur un projet de « fiche d’attestation » des compétences du socle commun.
Cette nouvelle audience a confirmé les fortes divergences entre le Snes et le Snep, d’une part, et le Se et le Sgen, d’autre part.

Projet DNB 5 juin 09
Projet Attestation Socle 5 juin

Etaient présents pour le Snes : Roland Hubert, Monique Daune, Sandrine Charrier et Bruno Mer.

La nouvelle maquette présentée par la DGESCO confirme la volonté du Ministère de ne prendre en compte dans le contrôle continu que les points au-dessus de 10 pour la plupart des disciplines. Jusque-là, le ministère envisageait de faire déroger à cette nouvelle règle l’EPS (coeff 2) et la note de vie scolaire (coeff 1). Mais la 2ème maquette prévoit également une prise en compte de l’intégralité de la note (avec coeff 1) pour les arts plastiques et l’éducation musicale au motif que ces deux disciplines ne sont pas évaluées aux épreuves terminales.
Pour toutes les autres disciplines, le contrôle continu n’est « qu’un supplément, comme le sont actuellement les options », a précisé M. Nembrini, Directeur Général de la DGESCO.

Le SNALC, qui était reçu pour la première fois, a demandé que le contrôle continu soit pris en compte intégralement dans toutes les disciplines. Il considère que le socle peut être un outil intéressant pour travailler avec les élèves, mais que son exploitation pour l’examen pose problème. Il conteste notamment le pilier 7 (autonomie et initiative) qui évalue des savoir-être. Il ne comprend pas pourquoi les enseignements artistiques seraient traités différemment des autres disciplines puisque ces deux disciplines seraient, selon lui, déjà évaluées dans le cadre de l’Histoire des Arts.

Le SGEN, qui estime que le socle est très exigeant, a considéré qu’il y avait trop d’épreuves terminales, ce qui risquait de perdre de vue le socle. Il ne souhaite pas que les QRC (questions à réponses courtes) se réduisent à des questions de cours. Il conteste la transformation de l’épreuve de PDMF (parcours de découverte des métiers et des formations) en épreuve de LV, estimant que les enseignants seront bien obligés de mettre en place le PDMF s’il fait l’objet d’une évaluation pour le brevet. Il souhaite par ailleurs que la mention explicite à l’interdisciplinarité pour l’épreuve d’Histoire des Arts soit rétablie. Plus

Le Se-Unsa considère, sur la base d’une lecture très restrictive de l’art. 32 de la loi Fillon, que le brevet ne doit évaluer que le socle. Il a réitéré ses attaques violentes à l’égard du SNES et de la FSU – et même des enseignants, qui « ne sont pas propriétaires de l’Education Nationale ». Pire, il considère que « les organisations représentatives devraient inciter les collègues à entrer dans la logique du socle plutôt que de susciter leur résistance » (sic !) Plus

Le SNES a d’abord indiqué qu’il ne comprenait pas pourquoi toutes les organisations syndicales représentées au CSE n’avaient pas été invitées à cette audience.

Nous avons rappelé que nous contestions la logique qui vise à réduire le brevet à la seule évaluation du socle, avec d’une part un livret de compétences problématique et des épreuves « adossées » au socle (pour permettre au jury de repêcher certains élèves) et d’autre part un contrôle continu dénaturé où seuls les points au-dessus de la moyenne seraient pris en compte dans la plupart des disciplines. Nous avons insisté sur la nécessité que toutes les notes soient bien prises en compte dans le contrôle continu, seule garantie que les élèves seraient bien évalués en 3ème sur l’ensemble des programmes. Nous avons alerté sur les stratégies prévisibles de nombre d’élèves qui risqueraient de ne plus travailler dans les disciplines où ils sont en difficulté et de ne s’impliquer que dans celles susceptibles de leur rapporter un « bonus » : de telles stratégies risqueraient de rendre l’exercice du métier d’enseignant plus difficile au quotidien. Les élèves les plus fragiles ont particulièrement besoin d’un travail inscrit dans la durée, que permet de prendre en compte le contrôle continu ; ils seraient mis en plus grande difficulté par la seule existence d’une épreuve terminale « couperet ».

La transformation des épreuves existantes et la création de nouvelles épreuves « adossées » au socle modifieraient nécessairement les pratiques et l’esprit même des disciplines. Or, il y a encore beaucoup de flou, notamment dans ce que seraient précisément les QRC Nous avons demandé à avoir des propositions précises de l’Inspection Générale sur les épreuves envisagées avant de nous prononcer sur le fond et à ce que la profession soit consultée sur l’ensemble du projet.

Nous avons en outre dénoncé l’introduction à la rentrée 2009 du même livret de compétences que celui qui a été expérimenté dans quelques collèges cette année alors qu’aucun bilan de l’expérimentation n’a été fait par le Ministère.

Nous avons demandé que les textes relatifs au brevet ne soient pas examinés par le CSE du 1er juillet.

La DGESCO a conclu la réunion en rappelant que le nouveau brevet entrerait en vigueur de manière échelonnée :

- Pour le socle, l’année 2009-2010 serait une année de transition pour permettre une appropriation par les équipes volontaires du livret de compétences ; un document définitif entrerait en vigueur à la rentrée 2010 pour une évaluation obligatoire de l’ensemble du socle à la session 2011.
- Pour l’histoire des Arts, l’année 2009-2010 serait une année transitoire pour que les équipes volontaires apprennent à travailler ensemble autour de cet enseignement. Pour la seule session 2010, seuls les points au-dessus de 10 seraient pris en compte, comme s’il s’agissait d’une option facultative.

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