Actualité théâtrale

Théâtre 13 / Jardin – partenaire Réduc’Snes - jusqu’au 16 décembre 2012

"Le ministre japonais du commerce extérieur", comédie de Murray Schisgal Mise en scène de Stéphane Valensi.

Le maire de la petite ville de Duckpond, dans le New Jersey, qui s’est toujours lamenté de mener une existence trop ordinaire, est sur le point de prendre sa revanche.

Il réunit en secret dans son propre appartement son conseil municipal pour annoncer, au chef de la police, au médecin et à la juge, une nouvelle qui doit absolument rester secrète afin d’en tirer le meilleur profit avant que l’événement ne s’ébruite : la visite providentielle dans la bourgade, du ministre japonais du commerce extérieur.

Les frères Chichinsky, agents immobiliers de la ville, tous deux amoureux de la fille du maire, sont chargés d’aller accueillir l’hôte célèbre et sa suivante.

Les deux émissaires tombent, dans le jardin public, sur un couple de comédiens affamés, échoués là après avoir été, encore vêtus de leurs costumes japonais, évincés de la tournée de Miss Saïgon.

Le faux ministre et sa suivante vont tirer profit de la méprise et se jouer de ces notables crédules mais corrompus, prêts à toutes les compromissions pour satisfaire leurs rêves d’enrichissement et de notoriété.

Murray Schisgal, scénariste et auteur de pièces, dont le théâtre se situe entre l’avant-garde et le vaudeville a été reconnu en France grâce à Laurent Terzieff qui a été le premier à monter ses œuvres, "Le tigre", "Les dactylos", "Fragments", " Les chinois"

Il vit actuellement à New-York.

Stéphane Valensi, après une rencontre avec Laurent Terzieff qui l’a dirigé dans "Les dernières lettres de Stalingrad" , s’est intéressé au théâtre de Schisgal et a monté au TGP de Saint-Denis, en 2007, trois courtes pièces de l’auteur "Les marchands ambulants", "74, Georgia Avenue" et "Le vieux juif".

" Le ministre japonais du commerce extérieur" est une comédie satirique et grinçante, inspirée de "Révizor" de Gogol. Le sujet est transposé de nos jours dans une petite ville américaine.

Stéphane Valensi, en optant pour une scénographie épurée, s’attache à camper une Amérique ordinaire. Les personnages de Schisgal typés et excessifs sont pris dans le rythme effréné d’une mise en scène qui ne s’accorde aucun répit pour amuser et mieux conduire au pathétique de la scène finale.

Le comique des personnages découle de leur mauvaise foi assumée, des tromperies et manigances qu’ils s’apprêtent à commettre au détriment des autres mais surtout, au détriment d’eux-mêmes.

L’aveuglement où les plonge leur désir d’accession à la richesse et à la notoriété les rend émouvants de candeur.

La charge dans laquelle le metteur en scène entraîne ses comédiens est parfaitement maîtrisée et Marc Berman, à la tête d’une distribution de qualité, donne un Robert Eichelberry en perpétuel mouvement, jouant dans un vaste registre de jeu, mais ne tombant jamais dans l’excès.

La scène finale qui vient en total contre-point, jette une ombre sur ce qui, jusque-là n’a été qu’une comédie débridée.

Tout le théâtre de Murray Schisgal est là, dans ce contraste.

Théâtre 13 / Jardin 103A Boulevard Blanqui 75 013 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 88 62 22

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