Actualité théâtrale

au T2G Théâtre de Gennevilliers

"Le musée de la mer" de Marie Darrieussecq Mise en scène de Arthur Nauziciel

Après avoir présenté à Reykjavik deux de ses mises en scène, "Le malade imaginaire ou le silence de Molière" et "L’image", Arthur Nauziciel s’est vu proposer par le Théâtre National d’Islande, d’y réaliser une création..
Le metteur en scène français dont le travail est parfois déroutant se savait des point communs avec la romancière Marie Darrieussecq, et en dehors d’un goût commun pour l’Islande, ils avaient celui des fantômes, des histoires de famille, des voyages lointains.
Marie Darrieussecq s’est souvenue de cette histoire remontant à la seconde guerre mondiale où l’armée de libération italienne, face au manque de nourriture, avait fini par manger les poissons du Musée de la mer. Elle a trouvé là, le sujet de la pièce qu’elle allait écrire et l’a proposé à Arthur Nauziciel comme l’aventure qu’ils allaient mener ensemble.

© Frederic Nauczyciel

Il résulte du travail en commun de ces deux artistes, une pièce imprévisible, un moment de théâtre reposant sur une atmosphère singulière, avec des personnages à l’étrange consistance, à la fois exposés à un réalisme palpable et s’en évadant parfois pour aller vers une transparence qui les fait appartenir au domaine du conte avec, notamment avec le personnage non identifiable de Bella, une sorte de monstre à la fois terrorisant, monstrueux mais qui pleure comme un enfant ;
Liz et Will débarquent chez May et Man avec leurs deux enfants. Ils ont dû abandonner leur voiture faute d’essence et se sont présentés dans la première maison venue. Or la maison qu’habitent May et Man est le musée de la Mer avec ses aquariums où ne subsistent plus que quelques spécimens d’espèces assez communes…
La maison baigne dans une humidité oppressante et Bella s’y contorsionne sans qu’on sache la raison de cette imprévisible agitation.
Une énorme bulle transparente, de grands murs de plastique dégoulinants de gouttelettes d’eau, un sol détrempé où les personnages se vautrent.
Le spectacle du duo Nauziciel-Darrieussecq se dérobe au moment où on croit en saisir le sens et il n’y a plus qu’à se laisser porter par cette histoire qui en est une et qui n’en est pas, sans doute livrée, comme ça semblait être le souhait de la romancière à l’imagination du spectateur.
Dans tous les cas, la singularité du spectacle, ses fausses pistes et peut-être ses personnages illusoires finissent par nous captiver, laissant sans cesse notre curiosité en éveil.
Francis Dubois

T2G Théâtre de Gennevilliers
41 avenue des Grésillons 92 230 Gennevilliers
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 41 32 26 26
www.theatre2gennevilliers.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La 7è vie de Patti Smith »
    Dans la banlieue de Marseille en 1976, une jeune adolescente au corps androgyne, timide et mal dans sa peau, entend lors d’une soirée entre amis un disque avec la voix de Patti Smith et son cri... Lire la suite (20 février)
  • « Les grands rôles »
    On entend une démarche boiteuse et un acteur arrive en traînant une chaise qui fait le bruit de sa canne. Le monologue de Richard III démarre et le rire aussi quand un acteur échappé de Lucrèce... Lire la suite (19 février)
  • « Fanny et Alexandre »
    Les spectateurs finissent de s’installer dans la salle Richelieu et Denis Podalydès s’avance au bord du plateau, vêtu d’un long manteau de scène, pour leur rappeler d’éteindre leurs téléphones... Lire la suite (18 février)
  • « La conférence des oiseaux »
    Il y a quarante ans Jean-Claude Carrière adaptait pour Peter Brook l’un des plus célèbres contes soufi du Persan Farid Uddin Attar (1142-1220). La conférence des oiseaux raconte comment, encouragés... Lire la suite (14 février)
  • « Premier amour »
    Sami Frey reprend cette nouvelle de Samuel Beckett, écrite en 1946, qu’il avait créée il y a dix ans. On y trouve déjà l’image de ces clochards célestes que seront, dans En attendant Godot , Vladimir et... Lire la suite (7 février)