Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Michel Leclerc (France)

"Le nom des gens" Sortie en salles le 24 novembre 2010

Bahia Benmahmoud, jeune femme extravertie née d’un couple mixte, mère militante et père ouvrier maghrébin, ne s’est pas remise du résultat des dernières élections présidentielles. Sa démarche militante pour arriver à rallier les hommes de droite à sa cause consiste à coucher avec eux et à leur livrer ses arguments sur l’oreiller.
Les résultats qu’elle obtient sont plutôt probants jusqu’au jour où elle croise Arthur Martin dont le nom lui fait penser qu’il est forcément un peu facho.
Or, cet homme, ornithologue de son état et qui travaille pour l’Office français des épizooties, est un jospiniste convaincu…
Michel Leclerc, dont le film avait fait l’ouverture de la Semaine de la Critique 2010 à Cannes,
a réalisé avec "Le nom des gens" une comédie loufoque, souvent très drôle à laquelle on pourrait attribuer les mêmes qualificatifs que ceux qui caractérisent le personnage de Bahia, insolente, impudique, provocatrice mais en même temps d’une immense et désarmante sincérité.

Mettre face à face, pour une histoire d’amour qui traversera épisodes harmonieux et zones de turbulences, un homme d’une rectitude morale proche de la rigidité et une jeune femme libre, culottée et que rien n’arrête jamais, donne le ton.
Mais ce point de départ qui aurait évoluer vers une comédie à gros traits, lourde et vulgaire, donne au contraire, au final, une sorte de conte léger mais qui ne perd jamais de vue l’essentiel de son propos, une peinture juste, grave et corrosive de ce début du 21ème siècle marqué par l’échec de Lionel Jospin au premier tour des présidentielles.
Michel Leclerc mène de pair les deux lignes narratives. La rencontre haute en couleur entre les deux personnages que tout oppose et l’acharnement militant de la jeune femme qui s’est fixé un objectif et le place au premier rang de ses préoccupations.
Le film est souvent adroit, même si les retours en arrière un peu trop explicatifs du début alourdissent parfois son déroulement, mais il est surtout porté de bout en bout par une jeune comédienne irrésistible, confondante de naturel que Abdelatif Kechiche avait révélée dans "L’esquive", Sara Forestier. Jacques Gamblin fait son pendant et leurs tête à tête apportent au film des moments réjouissants.
Une fois de plus, à l’actif du cinéma français, voilà une comédie dont on n’a pas à rougir qui sait déborder de toutes parts sans jamais tomber dans la facilité et encore moins dans la vulgarité.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Dawson City, le temps suspendu »
    C’est dans cette petite ville canadienne, à 500 kilomètres au sud du cercle polaire, que le conducteur d’une pelleteuse a mis au jour en 1978, lors de travaux pour un centre de loisirs, des boîtes... Lire la suite (2 août)
  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)