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Un film de Laurent Tirard (France)

"Le petit Nicolas" Sortie en salles le 30 septembre

L’adaptation des aventures du Petit Nicolas pour le cinéma semblait une entreprise bien hasardeuse. Comment pouvait-on transposer dans un film, le trait fin et subtil, l’univers délicat, le contexte et la galerie des personnages qui accompagnent le célèbre petit bonhomme…
On a la confirmation que c’était une erreur et que le pari est perdu dès les premières images quand, avec l’incarnation, se volatilisent instantanément le charme et la poésie, cette fragile délicatesse qui, sur le papier, concourent à créer des personnages et des décors qui ne tiennent qu’à un trait.
En passant à l’image, tout ce qui était léger s’alourdit, tout ce qui était du domaine de la fine observation devient laborieux et maladroit.
Si on laisse de côté le personnage de Sempé avec lequel le film de Laurent Tirard n’a finalement pas grand chose à voir, il reste une réalisation qui souffre terriblement des exigences que se sont imposées les responsables de l’adaptation, un regard intemporel sur une enfance caricaturée et une reconstitution trop soignée qui fige le récit.
Nicolas est un enfant heureux. Il est entouré de parents attentifs et d’un groupe de copains avec qui il s’amuse bien. Nulle ombre au tableau jusqu’au jour où il croit comprendre qu’il va avoir un petit frère. De là à imaginer que ses parents ne l’aimeront plus et qu’ils iront un jour le perdre en forêt comme le petit Poucet, il n’y a qu’un pas… SNES_Lepetitnicolas_©Thierry_Valletoux
Mais fallait-il pour insister sur l’intemporel céder à tous les clichés et à tous les archétypes. Parmi les enfants, aucun ne fait défaut, ni le bon gros boulimique, ni le cancre ni le bon élève fayot et binoclard. Pas plus que chez les adultes ne manquent le surveillant général adepte des cent ligne à copier, la mère farfelue qui confond dans l’encadrement de la porte la femme du PDG de son mari avec la cuisinière recrutée en extra, ni le père en difficulté professionnelle qui mendie une augmentation, ni le ministre perspicace, ni les deux cas de figures de l’institutrice, la douce un peu débordée et le vieille fille revêche…
Au final, "Le petit Nicolas" déserté par son personnage est la maigrichonne reconstitution d’une époque fantôme perpétuellement endimanchée. Ce n’est pas plus l’adaptation de l’œuvre de Sempé et Goscinny qu’une comédie sur l’enfance.
Francis Dubois

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