Actualité théâtrale

Théâtre 13 / Seine. Du 27 août au 4 octobre 2015.

"Le philosophe et la putain" Texte de Jacques Rampal Mise en scène Elsa Royer.

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Diogène, le plus joyeux et le plus iconoclaste des philosophes, sort un beau jour du tonneau qui lui sert d’habitation pour semer le trouble parmi les penseurs grecs, les déesses de l’Olympe et les esprits étroits de tous les temps.

Théâtre : Le philosophe et la putain

On le connaît sous le nom de Diogène le cynique, non pas au sens actuel du mot (impudent, sûr de soi, provocateur) mais au sens philosophique ; le cynisme comptant parmi les nombreux courants de pensée de la Grèce antique reposait sur des règles d’abstinence, de courage, de la plus totale liberté, du retour à la nature et passait à la trappe les plaisirs.

Être cynique revenait à vivre hors des contraintes sociales, en trouvant le bon équilibre entre l’austérité et la recherche d’un certain bonheur. Une existence heureuse selon Diogène ne pouvait se concevoir que dans le dénuement.

Elsa Royer a choisi de faire du texte de Jacques Rampal, un "Diogène musical" mais peut-être aurait-il fallu aller plus encore dans ce sens afin de mieux souligner la nature de Diogène, sa force, son originalité de pensée et de comportement.

Diogène est un révolté, une sorte d’ouragan qui hurle sa révolte face à des injustices toujours grandissantes, qui se heurte à Antisthène, à Platon, à un couple de vagabonds qui prétendent être ses disciples et à …Alexandre le Grand.

Mais la rigueur de pensée du philosophe aura des limites et le "cynique", après avoir repoussé l’amour d’Hariola (l’amour étant considéré selon ses idées comme la pire des prisons), finira par y succomber juste avant de mourir dans les bras, de la plus humaine parmi les humains, une "divine" prostituée.

L’orientation musicale qu’Elsa Royer donne à la mise en scène était d’autant plus une bonne option de mise en scène que la pièce, écrite en alexandrins, distille par ce choix d’écriture une musicalité déjà perceptible.

Pourtant, malgré le plaisir que procure le spectacle, il persiste chez le spectateur une sorte de frustration, de manque, qui l’empêche d’être totalement séduit. Peut-être aurait-il fallu creuser plus encore dans la forme musicale et trouver au spectacle un rythme plus soutenu, voire endiablé, déjanté, en tous cas plus audacieux, qui le fasse "décoller" et rende à Diogène toute l’ampleur et la singularité du personnage.

Peut-être également, une interprétation un peu moins sage aurait été souhaitable. Mais le spectacle n’en est qu’à ses premières représentations. Peut-être trouvera- t-il avec le temps, dans le rythme général et dans le jeu des comédiens, ce piquant, une audace qui semble, en l’état, faire défaut. .

Francis Dubois

Théâtre 13 / Seine 30 rue du Chevaleret 75 013 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative 01 45 88 62 22

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