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Le coin du polar

« Le pic du vautour », John Burdett Être flic en Thaïlande, mission impossible !

John Burdett, ancien avocat, a créé un personnage au nom imprononçable, Sonchaï Jitpleecheep, qui se veut flic dans une Thaïlande complètement corrompue. Le chef de la police, le supérieur de Sonchaï, Vikorn est la tête pensante de tous les trafics. On se croirait à Kansas City (Missouri) dans les années 1930, ville ouverte à tous les trafics. Les quatre enquêtes précédentes, parues chez 10/18 en poche, ont toutes traitées d’un sujet particulier.

C’est encore le cas pour cette cinquième. « Le pic du vautour » conduit Sonchaï sur les traces de jumelles, chinoises de Hong Kong, à la tête d’un trafic, très lucratif et où les morts sont nombreux, le trafic d’organes. La concurrence, sur ce créneau, est féroce. Il faut éliminer les concurrents pour être le maître. L’enquête de Sonchaï n’a pour but de lutter contre ce trafic mais de permettre à son chef d’en devenir le pivot.

Sur un mode plaisant et souvent drolatique John Burnett décrit les comportements de ces occidentaux venus pour le tourisme sexuel. Il faut dire que Sonchaï est aussi, avec sa mère, à la tête d’un lieu de plaisir. En même temps, il donne à voir – et un peu à comprendre - ces pays que la corruption fait vivre. Elle arrive à maintenir un désordre social précaire.
Littérature : "Le pic du vautour"
Cerise sur le gâteau, Burdett se moque franchement de tous ces « spin doctors » américains qui se croient capable de tout comprendre. Vikorn s’est entouré d’un staff de ces trois « conseillers » pour faire plaisir à ses alliés obligés chinois mais il les tournera en ridicule. Une vraie farce presque réelle.

Une fois encore, l’auteur a réalisé le tour de force de nous faire rire, sourire tout en présentant le contexte du drame de ces pays, de ce pays, la Thaïlande. On se souvient peut-être que les envoyés du FMI – habillés comme des G Men, costumes noirs et chemises blanches –, lors de la crise financière de 1997-98, avaient voulu lutter contre la corruption et, après des menaces de mort suivies de quelques effets, avaient préféré repartir pour Washington… Pour indiquer que Burdett n’exagère pas. Le métier de flic honnête – une catégorie qui n’existe pas – est impossible.

Nicolas Béniès.

« Le pic du vautour », John Burdett, traduit par Thierry Piélat, 10/18 .

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