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"Le plaisir de chanter" Une comédie d’espionnage de Ilan Duran Cohen (France) - sortie en salles le 26 novembre

Muriel et Philippe sont agents des services secrets et, s’ils tentent de mener à bien leur nouvelle mission, récupérer une clé Usb que détient Constance, la veuve d’un trafiquant d’uranium, il sont surtout préoccupés par des rapports amoureux compliqués et les fluctuations de leurs sentiments l’un pour l’autre.
Pour la bonne marche de leur mission, ils décident d’approcher Constance dans un lieu qu’elle fréquente régulièrement, le cours de chant lyrique que tient Eve, la mère abusive de Julien, un jeune homme doué pour le chant mais qui s’étiole dans l’univers maternel… Très vite, à cause de la présence de Constance, le cours de chant d’Eve va devenir un véritable nid d’espions.
Ilan Duran Cohen n’a pas voulu limiter son film à un seul genre. Il en a fait à la fois, et chaque fois à part entière, une franche comédie dite anti-romantique, un drame psychologique et un thriller très convaincant. Il ne se contente pas de réussir les trois mais il arrive également, comme on monte un château de cartes, à les faire co-exister harmonieusement pour notre plus grand plaisir. Du coup, son film, libéré du carcan de la tonalité unique bénéficie d’une liberté réjouissante. Le ton dominant reste tout de même celui de la comédie et, de la même façon que les personnages ne prennent pas leur histoire au sérieux, le film, qu’il soit désopilant, extravagant, réaliste ou grave, garde la distance avec chaque genre et ne force jamais le trait. La partie espionnage de l’intrigue revient régulièrement avec sa cohorte de sales gueules et on la retrouve avec plaisir à chaque fois que le scénario nous la restitue.

Photo © Carole Bethuel & Hassen Brehiti

Le chant, raison de vivre d’une Eve autoritaire et tendre, pédagogue singulière est le point d’ancrage de l’histoire, une réalité dont Ilan Duran Cohen garde le cap pour que son histoire, quels que soient les dérapages et la folie des personnages, reste dans le domaine de la crédibilité.
S’ajoute à autant de pièges habilement déjoués une direction des comédiens qui se tient dans un réalisme de jeu. Si Marina Foïs joue avec une belle sobriété la fragilité de la trentenaire hésitante en amour, Jeanne Balibar compose, avec le personnage de Constance, entre candeur et rouerie, un personnage de comédie désopilant tout en subtilité et intelligence. Belles compositions également de Nathalie Richard et de Lorant Deutch qui garde lui, son personnage en léger retrait.
Voilà enfin une comédie brillante dont le cinéma français peut s’enorgueillir et qui devrait convenir à tous les publics, du plus exigeant à celui qui vient chercher au cinéma détente et divertissement.
Francis Dubois

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