Actualité théâtrale

Á partir du 23 septembre à La Pépinière Théâtre

« Le poisson belge »

Sur un banc deux personnes, Petite Fille et Grande Monsieur, se rencontrent, plus exactement elle s’incruste, tandis qu’il tente de la garder à distance. Elle dit que ses parents ont oublié de venir la chercher à la sortie de l’école, que ce n’est pas la première fois. Il finit par l’emmener chez lui et quand il veut téléphoner à ses parents, elle menace de dire qu’il lui a fait « des choses vers le bas ». Tout semble opposer ces deux-là, lui avec ses boucles d’oreille, sa nourriture lyophilisée et son dentier, elle avec son désir d’être un poisson et ses branchies sur le ventre. Au fil de leur cohabitation leur relation va se transformer et chacun va découvrir le mystère de l’autre, mais quel autre ?

Léonore Confino dit avoir voulu avec ce texte renouer avec son enfance qu’elle avait poliment étouffée et « raconter une réparation : celle de l’enfant intérieur qui respire si mal en soi ». C’est un conte avec sa part de rêve et de poésie, qui nous parle de l’enfance, de ce qui en reste en nous pour le meilleur et pour le pire, du poids de la famille et de l’identité profonde. On y trouve un mélange de réalisme et de rêve, un doigt de fantastique et de psychanalyse, de la fantaisie, de l’humour et de la tendresse.
Théâtre : le poisson belge

Catherine Schaub a mis en scène la collision de Grande Monsieur avec Petit Fille dans un univers épuré où le côté vieillot de l’appartement de Grande Monsieur n’est pas montré, mais seulement décrit par Petit Fille qui, à son arrivée, fait un constat sans appel. En fond de scène une paroi de verre coulisse pour laisser apercevoir un spa avec une baignoire en verre dépoli et des effets de vapeur d’eau. C’est l’image du paradis pour Petit Fille qui rêve tant d’être un poisson. Une place est laissée aux bruits du corps : un ventre qui gargouille, des halètements, des respirations d’asthmatique pour ces personnages qui peinent à vivre ou à l’inverse une danse effrénée pour Petit Fille, qui saute partout.

La metteure en scène a surtout su choisir les acteurs qui allaient incarner ces personnages hors normes. Marc Lavoine oppose sa haute taille, ses cheveux noirs à la petite taille de la blonde Géraldine Martineau. C’est la première apparition au théâtre du chanteur et il s’en tire très bien. Il passe de l’agacement à la surprise, de l’opposition à la complicité avec ce petit bout de fille, à qui il avait pourtant demandé au début « de prendre une place relative à sa taille ». Elle est remarquable, tantôt insupportable tantôt attendrissante, tantôt enfant tantôt d’une maturité grave. Elle est d’une drôlerie irrésistible quand elle joue les disputes de ses parents psychanalystes ou la débile au téléphone pour se débarrasser d’un démarcheur et touchante quand elle n’arrive pas à dormir sans son doudou ou pleure ses parents comme une enfant. Vive, remuante, insolente elle est un concentré d’enfance dans un monde poétique et fantastique.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h, le samedi à 16h

La Pépinière Théâtre

7 rue Louis-Le-Grand, 75002 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 42 61 44 16

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