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Un film de Nadav Lapid (Israël)

"Le policier" Sortie en salles le 28 mars 2012

Yaron fait partie d’un groupe de policiers d’élite appartenant à une unité antiterroriste de la police israélienne.

Il est très lié à ses compagnons qui, comme lui, ont l’arme pointée sur l’adversaire, "l’ennemi arabe".

Il se montre très attentionné avec sa femme qui est sur le point d’accoucher, mais si une intervention du groupe s’impose, il donne priorité à la mission.

Sa rencontre violente avec un groupe radical qui dénonce le pouvoir en place et les inégalités sociales flagrantes le confrontera à la guerre des classes israéliennes et à celle, qu’inconsciemment, il livrait à lui-même.

La construction du film de Nadav Lapid est surprenante. Pendant une première partie du récit, on s’attache au personnage de Yaron, leader de son groupe, à sa jeune femme sur le point de mettre leur enfant au monde, à l’intérêt que le policier porte à un compagnon gravement atteint d’une tumeur, avec qui il passe un marché sordide.

Puis un autre épisode survient auquel rien ne nous avait préparés. Les protagonistes sont trois garçons et une fille. On les voit composer un tract revendicatif au contenu presque puéril. On les suit dans des préparatifs d’une action pour laquelle ils sont déterminés et équipés d’armes.

Leur intervention au cours d’un repas de noces dans une famille israélienne richissime, la prise d’otages qui s’en suit, surprennent d’autant plus que Yaron et les autres sont jusque-là complètement absents de cet épisode du récit.

Ils ne réapparaîtront que dans le cadre de leur mission, quand ils interviendront pour libérer les otages.

La construction du film déroute avec l’absence de lien entre les deux premiers épisodes qui apparaissent comme deux films distincts.

La troisième partie attendue, débouche sur la libération des otages et la mort de la presque totalité du groupe radical.

Mais comment imaginer que Yaron, policier totalement investi dans sa mission, convaincu du bien-fondé de son travail puisse aussi soudainement faire flancher ses convictions à la simple écoute des arguments politiques diffusés au mégaphone par la jeune révolutionnaire et plus tard par l’ultime expression sur le visage de l’agonisante.

Le sujet est intéressant mais l’ensemble a quelque chose de maladroit ou d’inabouti.

Francis Dubois

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