Actualité théâtrale

A l’Athénée. Théâtre Louis-Jouvet, partenaire Réduc’Snes, jusqu’au 13 avril 2013

"Le prix des boîtes" texte de Frédéric Pommier. Mise en scène de Jorge Lavelli.

La Grande et la Petite sont deux sœurs restées vieilles filles et qui ont passé le cap du troisième âge. Elles vivent chacune chez elle, pas loin l’une de l’autre, entourées d’une flopée de chats qu’elles nourrissent à l’occasion de saumon même si elles pleurnichent sur la cruauté de l’hameçon et sur le prix des boîtes.

Elles s’aiment autant qu’elles se rejettent et, de tempérament plutôt généreux, elles traînent à leurs basques des gens qui lorgnent sur leur porte-monnaie.

Mais voilà que la Grande, la plus dévouée aux autres, celle qui s’est occupée de ses parents jusqu’au bout, se met à perdre la mémoire. Très vite, il arrive un moment où son état ne lui permet plus de vivre seule.

Entrent alors en lice, les personnages qui s’imposent : une auxiliaire de vie au tempérament d’adjudant mais qui n’est peut-être pas si mauvaise, une tutrice qui dispose de fiches pour faire face à chaque cas de figure qui se présente, un médecin dandy joueur de golf, un ami travelo pas si désintéressé que ça.

Au fur et à mesure que l’état de La Grande se détériore, La Petite dont la santé n’est pas non plus très florissante, se rapproche de sa sœur et lui témoigne son attachement et une tendresse qu’elle s’est toujours interdit d’exprimer.

Cette pièce est la première écrite par le jeune journaliste Frédéric Pommier. Il y aborde le problème du vieillissement des êtres, de la maladie quand elle survient subitement. Des répercussions de celle-ci sur l’entourage. Et les dispositifs sont mis en place rarement adaptés.

Il y égratigne au passage toutes les fonctions qui interviennent alors et qui pour la plupart manquent de ce dont l’être humain a le plus besoin dans ces moments-là.

Le corps médical qui ne peut s’apitoyer sur le cas de chaque patient. Les tuteurs pour qui à chaque problème donné, existe une solution donnée. Les auxiliaires de vie qui sont là pour accomplir des tâches ménagères et rien d’autre.

La qualité essentielle du texte de Frédéric Pommier est d’associer l’humour(noir), la drôlerie au drame sans jamais entamer ce que celui-ci comporte de douloureux et de poignant. Mais son texte compte d’autres qualités notamment liées à une fine observation de l’intime, du pathétique et de l’âme humaine dans tous ses méandres.

La mise en scène de Jorge Lavelli joue avec les personnalités bien trempées de ses trois interprètes principales.

En faisant le choix de Catherine Hiegel (La Petite), Francine Bergé (La grande) et Liliane Rovère (L’auxiliaire de vie), il avait la trame de son travail. Ce sont toutes les trois de grandes dames de théâtre et elles le prouvent encore une fois ici en donnant dans l’extravagance, la drôlerie tout autant que dans la sourdine des sentiments et des douleurs.

Le spectacle comporte des points d’orgue dans un registre qui peut aller de la tendresse à la trivialité.

Il existe trois autres personnages dans le récit, celui de la tutrice, celui du travesti, celui du médecin. Ils sont un peu les laissés pour compte, trop attendus parfois, prometteurs mais pas aboutis souvent. On dirait que la mise en scène de Jorge Lavelli les a un peu oubliés et là, c’est un peu dommage.

Il faut courir voir le spectacle qui ne se joue que jusqu’au 13 avril.

Francis Dubois

Athénée – Théâtre Louis Jouvet Square de l’Opéra Louis Jouvet 7, rue Boudreau 75 009 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 53 05 19 19

www.athenee-theatre.com

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