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Un film de Philippe Muyl (France-Chine)

"Le promeneur d’oiseau" Sortie en salles le 7 mai 2014

Zhigen, un vieil homme, avait fait une promesse à sa femme au moment de sa mort, celle de retourner dans son village natal pour libérer l’oiseau qui fut le compagnon des dernières années de sa vie.

Il avait le projet de faire ce voyage seul, à son rythme, mais voilà qu’on lui confie, juste au moment de son départ, la garde de sa petite fille Renxing, une gamine gâtée et capricieuse surprotégée par des parents tellement pris par leurs activités professionnelles de haute tenue que leur couple vacille.

Au cours de ce voyage aux confins de la Chine traditionnelle, dont ils vont devoir parcourir une longue partie à pied, Renxing devra se plier aux circonstances et elle, si habituée au confort de la ville, va être soumise à rude épreuve, à de longues marches harassantes et des solutions de couchage de fortune.

Les épreuves de la longue marche, la beauté de la nature, une série de rencontres occasionnelles, finiront par avoir raison du caractère capricieux de la fillette qui, bientôt, fera le choix de ses priorités.

Et le grand père et sa petite fille, qu’au départ tout semblait séparer, vont se dévoiler l’un à l’autre…

"Le papillon" que Philippe Muyl réalisa en 2002 a connu un tel succès en Chine que le réalisateur s’est vu proposer en 2009, de se lancer dans une aventure cinématographique totalement chinoise.

Dans un premier temps il a été question de faire un remake du "Papillon" mais très vite le projet s’est avéré être une mauvaise piste.

Philippe Muyl et les producteurs ont alors porté leur choix sur un scénario original mais cette nouvelle orientation ne réglait pas, pour autant, tous les problèmes : il allait falloir pour le réalisateur s’imprégner d’une culture qu’il ne connaissait pas, diriger des comédiens dont il ne connaissait pas la langue…

Philippe Muyl souhaitait partir de l’idée qu’en moins de trente ans, la société chinoise a fait un bond en avant spectaculaire.

Le film porterait sur la mise en présence de trois générations.

Celle du grand père, un paysan qui a connu la Révolution culturelle et qui, une fois installé à Pékin afin que son fils fréquente l’Université, a dû aller travailler en usine.

Celle du fils, devenu un célèbre et brillant architecte, marié à une brillante publiciste.

Celle de la petite fille qui incarne la génération suivante, exigeante et imprévisible et dans certains domaines, acculturée.

Construisant son récit sur des bases sociales, Philippe Muyl a conçu son film surtout comme un récit initiatique, un voyage vers les racines.

Le grand père revient sur son passé et la fillette en découvrant ses origines, trouve son identité profonde, et, riche de ces découvertes, va pouvoir devenir la médiatrice grâce à qui la famille sur le point d’éclater va pouvoir se reformer.

L’angélisme qui ponctue le récit du "Promeneur d’oiseau" pourrait nuire au film, tant il est parfois appuyé, mais la réalisation de Philippe Muyl est "sauvée" par la façon dont il conduit la construction générale.

Il assume d’autant mieux l’étroite parenté de son récit avec le conte, qu’il alterne adroitement les scènes dignes d’un "livre d’images" à d’autres réalistes, qui touchent à la gravité des choses et des sentiments.

Et il brosse au final, un vrai portrait de la Chine contemporaine.

Il n’en demeure pas moins, que tout chinois que soit le film, il se démarque des vraies productions chinoises et n’atteint jamais à l’originalité, à la poésie, à la force créative, à cette alchimie qui caractérisent le cinéma chinois.

Les paysages sont superbes et les comédiens très bien. Il ne manque rien à première vue, mais beaucoup de choses, à la réflexion…

Francis Dubois

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