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Un film de Michelangelo Frammartino (Italie Allemagne Suisse)

"Le quattro volte" Sortie en salles le 29 décembre 2010

Un vieux berger qui, de tout temps, a mené son troupeau de chèvres brouter à flanc de montagne, vit ses derniers jours dans un village médiéval de Calabre.

Il meurt seul dans sa chambre entouré d’une partie de son troupeau au moment où naît un chevreau dont on suit les premiers pas hésitants, les premiers jeux, les premières contraintes. Le jour où il est amené à suivre le troupeau, le chevreau s’égare et trouve refuge sous un grand sapin.
C’est sur ce sapin que les villageois jettent leur dévolu pour en faire le totem de la fête locale. La fête passée, l’arbre sera tronçonné et servira à fabriquer le charbon selon les traditions ancestrales…
Voilà un film inclassable à la fois contemplatif et passionnant qui ne raconte rien d’autre que le cheminement du troupeau sous la surveillance d’un homme fatigué et d’un chien joueur et involontairement farceur. Qui ne s’attarde pas plus qu’il ne faut sur l’agonie du vieux berger aidé dans ses derniers moments par le souffle des bêtes et la force de leur instinct.
Rien d’autre qu’un chevreau égaré bêlant et qui à bout de force va se réfugier sous un arbre au vaste feuillage protecteur.
Rien d’autre qu’un arbre qu’on abat qui servira de pilier à la frivolité d’une fête paysanne et qui, après l’usage festif, rejoindra d’autres troncs sous la meule à charbon.
Rien de saillant. Une ou deux anecdotes à peine et pourtant d’un bout à l’autre de ce, peut-on dire récit ? tout frissonne tout palpite et tout vit.
La mort d’un vieil homme malade, qui va jusqu’au bout de sa route est un événement naturel comme l’expulsion subite du chevreau du ventre de sa mère, gisant écartelé sur un sol boueux.
D’un bout à l’autre, on est sous le charme des paysages, de cette monotonie vibrante, des rituels et du poids des traditions ancestrales.
L’image peut rester de longues minutes sur un troupeau paissant sur un terrain pentu ou sur les jeux de jeunes cabris découvrant leur environnement, ou sur des hommes bâtissant une meule à charbon, on ne s’ennuie pas une seconde.
Passionnant et superbe
Francis Dubois

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