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Un film de Sandrine Dumarais (France)

"Le regard de Georges Brassens" Sortie en salles le 30 octobre 2013.

Georges Brassens était un homme secret, discret, d’un naturel timide. La modestie qui le caractérise est sans doute l’héritage de parents modestes. A cause de cette réserve, les médias ont longtemps entretenu de lui l’image d’un ours mal léché.

Le film de Sandrine Dumarais recadre le personnage en nous le montrant sous un autre éclairage, jovial avec ses amis, espiègle ou farceur en famille et bon vivant.

Georges Brassens a dû quitter Sète en 1939 après avoir été compromis, avec des copains, dans des histoires de chapardage de bijoux. C’est alors qu’il débarque à Paris sans projet précis, qu’il est hébergé chez Jeanne et son mari Marcel, dans leur maison de l’impasse Florimont. Ils connaîtront des années de vache maigre jusqu’au début des années 50 où, grâce à la perspicacité de Patachou qui le révèle, le chanteur s’engage dans un succès qui ne le quittera plus.

Mais Brassens qui est à cette période l’amant de Jeanne en même temps qu’il reste l’ami de Marcel, lorsqu’il touchera ses premiers cachets conséquents, ne quittera pas l’impasse Florimont pour un lieu moins modeste. Il se contentera d’apporter le confort dans la maison où ils ont vécu pauvrement.

Plus tard, il rencontrera Pupchen et aura avec elle une longue liaison qui ne cessera qu’avec sa mort. Mais Jeanne et Marcel resteront ses amis.

Les parents de Georges Brassens, personnes discrètes, fiers de la notoriété de leur fils, ne sont pourtant jamais allés le voir chanter sur scène.

Sandrine Dumarais révèle des facettes inconnues du personnage du chanteur sétois à partir de films qu’il réalisa avec une caméra dont il fit l’acquisition très jeune.

Des films qui montrent essentiellement ses parents et la cour de la demeure de l’impasse Florimont, Jeanne et Marcel et les nombreux animaux qui les accompagnaient.

Pour le reste, le travail de Sandrine Dumarais repose sur des témoignages, celui de Juliette Gréco qui commente avec émotion les films tournés par Brassens ; celui d’Agathe Fallet, l’épouse de René Fallet qui partagea avec le chanteur des moments de l’impasse Florimont, les concerts, les vacances, ou celui de François Morel grand amateur de Brassens, qui, lorsqu’il se produit sur scène, finit souvent son récital avec une de ses compositions.

Il y a également pour témoigner, Victor Laville l’ami d’enfance et d’adolescence, Bernard Lonjon auteur de deux ouvrages sur Georges Brassens ou encore Clémentine Déroudille qui fut à l’origine de l’exposition " Brassens ou la liberté" qui s’est tenue à la Cité de la Musique en 2011.

Sandrine Dumarais a réalisé avec la complicité de tous, un film simple, amical et généreux où l’émotion n’est jamais bien loin. Un film, somme toute, à l’image du bonhomme.

Francis Dubois

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