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Un film de Jean-Pierre Mocky (France)

"Le renard jaune" Sortie en salles le 26 juin 2013

"Le renard jaune" est le nom d’une brasserie où le propriétaire Léo, assisté de Polo le barman et Jean Virno le pianiste, accueille quotidiennement une dizaine d’habitués fidèles.

Poulin le peintre qui aimerait bien qu’on reconnaisse son talent, Valérie femme vieillissante mais toujours verte, friande de jeunes gens, le Commandant, un militaire à la retraite, Béatrice une encore belle femme malgré la cicatrice au visage qu’elle doit à la cruauté de Charles Senac, l’écrivain d’un seul livre qui en veut à la terre entière et que chacun a de bonnes raisons de haïr. A ceux-là on peut ajouter Jacques, le bougon de service qui petit-déjeune au whisky…

Les jours s’écoulent vaille que vaille entre les murs de cet établissement insolite jusqu’à ce matin où on découvre Charles Senac assassiné dans sa chambre.

Qui a bien pu lui asséner un coup mortel à l’aide d’un tisonnier. Phil l’inspecteur mène rondement l’enquête jusqu’à ce que, grand amateur de vélo, il reconnaisse en Léo le célèbre coureur cycliste qui a longtemps fait son admiration.

Jean-Pierre Mocky ne soigne ici ni ses personnages, qui ne sont que des archétypes, ni un scénario qu’il traite à la va-vite en le saupoudrant ici et là d’une sorte de suspense sans panache et de rebondissements peu palpitants.

Comment se fait-il alors que de son entreprise attendue et plan-plan, se dégage un charme indéfinissable qui inspire à défaut d’intérêt, une sympathie.

Est-ce la présence au générique d’une kyrielle d’acteurs connus qu’on a plaisir à retrouver, Richard Bohringer (en flagrant délit de sur-jeu), Michael Lonsdale (touchant), Dominique Lavenant, Claude Brasseur, Jean-François et Robinson Stévenin, Frédéric Diefenthal, Philippe Chevallier et la toujours superbe Béatrice Dalle, Françoise Bertin ou le (plus que) fidèle Jean Abeillé ?

Est-ce le côté bricolé du scénario, des dialogues, d’une construction approximative, un décor de studios qui finissent par laisser se dégager un style, une patte ?

Est-ce que c’est parce que son cinéma ne ressemble à aucun autre et qu’entre cent autres on pourrait reconnaître un film de Mocky ?

Est-ce le personnage, son obstination à tourner : près de soixante films de cinéma à son actif et presqu’autant de réalisations pour la télévision ?

Il ne serait pas surprenant que les films de Jean-Pierre Mocky, d’ici à quelques décennies, passent à la postérité, que son entêtement à tourner, à produire des films qui pendant des années, privés de la gloire des circuits officiels n’ont été projetés que dans la salle "Le Brady" dont il avait fait l’acquisition en partie à cet effet, ne soit cité en exemple.

En attendant, montrons-nous curieux, faisons-nous les complices d’un cinéaste singulier, anticipons sur la reconnaissance à venir d’un vrai talent et franchissons la porte de cet étrange " Renard jaune"

Francis Dubois

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