Actualité théâtrale

Au Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis, partenaire Réduc’Snes, jusqu’au 6 avril 2013, puis en tournée.

"Le retour d’Ulysse dans sa patrie" Opéra de Claudio Monteverdi Mise en scène Christophe Rauck, direction musicale Jérôme Correas.

La guerre de Troie s’est achevée depuis une dizaine d’années. Pénélope attend le retour d’Ulysse à Ithaque.

Nul ne sait s’il est toujours vivant, mais en dépit de l’incertitude qui plane à son propos, l’épouse reste fidèle et repousse les propositions des prétendants.

Il réapparaît au Palais sous l’aspect d’un mendiant et se fait reconnaître à l’occasion d’une épreuve à l’arc à laquelle Pénélope soumet les prétendants.

Entreprendre de proposer au public en 2013, "Le Retour d’Ulysse dans sa Patrie", l’Opéra de Claudio Monteverdi, c’est explorer en musique les thèmes intemporels et humains que sont le destin, l’errance, la solitude, la fidélité, la tentation, la liberté.

Christophe Rauck relève le défi et réussit, dans une tonalité à la fois luxueuse et d’une grande simplicité, un spectacle brillant, éclatant, lumineux dont l’humour et les paillettes ne détournent jamais du propos.

Et c’est peut-être, dans la lente progression de sa mise en scène, depuis la retenue discrète des premières scènes jusqu’à l’éclat d’une grande beauté esthétique des scènes finales, quand il laisse aller le spectacle au gré de son inventivité, de ses audaces, de ses clins d’œil, de sa vision potache, qu’il atteint à la couleur d’un vrai spectacle contemporain.

Il joue avec bonheur sur les différents types de personnages, livrant à chaque catégorie et à chacun, une partition sur mesure.

Les héros s’expriment dans un récitatif expressionniste. Les Dieux d’une façon fleurie et virtuose. Quant aux seconds rôles dont Christophe Rauck utilise la gouaille, il les charge de créer la surprise et l’événement, semblant leur laisser la bride sur le cou pour faire avancer l’action.

Si, comme le dit le metteur en scène, le génie de l’Opéra est dans la musique, ici le théâtre est loin d’être en reste. Et si la mise en scène, quoique très drôle, avec parfois des clins d’œil audacieux, n’est jamais tapageuse, si elle ne déborde jamais les limites de son périmètre, elle impose par un esthétisme non esthétisant une profusion de couleurs et de trouvailles toujours bienvenues, dans la conception des costumes, dans le jeu d’une grande simplicité de panneaux mobiles, dans la délicatesse du décor et des lumières.

Christophe Rauck réussit, en brassant plusieurs genres, un spectacle qui, tant sur un plan musical, vocal, qu’en tant que théâtre pur, tient plus de trois heures durant, le spectateur en état d’émerveillement.

Francis Dubois

Le spectacle se donnera à l’Opéra de Nice les 31 mai, 1er et 2 juin 2013

Théâtre Gérard Philipe, Centre dramatique National de Saint-Denis 59 boulevard Jules Guesde 93 200 Saint-Denis.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 48 13 70 00

www.theatregeradphilipe.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La famille royale »
    Inspirée du roman éponyme de William T. Vollmann, cette vaste fresque dresse le portrait d’une Amérique coupée en deux, le monde des affaires, du show-business, des casinos et de la finance d’un côté,... Lire la suite (16 octobre)
  • « La danse de mort » d’August Strindberg .
    Dans une citadelle, sur une île de garnison, vivent reclus dans un décor gris un officier intègre et autoritaire et sa femme, Alice, une ancienne actrice qui a laissé derrière son passé et dont les... Lire la suite (13 octobre)
  • « La mort de Tintagiles »
    « La mort est une force extérieure qui empêche tout mouvement qui s’oppose à elle. L’amour est une force intérieure qui incite à agir contre la mort ». Le texte de Maurice Maeterlinck, conte initiatique... Lire la suite (10 octobre)
  • « Mme Klein »
    À Londres en 1934, Mélanie Klein, que l’on peut considérer comme l’une des premières psychanalystes pour enfant dans les années 1920, vient d’apprendre la mort de son fils Hans à Budapest. Naturalisée... Lire la suite (9 octobre)
  • « Non, c’est pas ça ! (Treplev Variations) »
    Ils sont trois sur scène, une femme et deux hommes, ils devaient être treize et jouer La mouette , mais l’un d’eux, le metteur en scène probablement, s’est suicidé. Ils ont décidé de continuer le... Lire la suite (7 octobre)