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Un film de Zach Braff (USA)

"Le rôle de ma vie" (Wish I was here) Sortie en salles le 13 août 2014.

Comédien de deuxième ordre, Aidan a du mal à trouver du travail. En attendant de décrocher un rôle dans un film ou une apparition dans une pub, il vit aux crochets de sa femme qui s’accommode de la situation et ne lui reproche rien.

Ce qui n’est pas le cas de son père qui avait espéré pour Aidan et son frère, une réussite professionnelle plus probante.

Désœuvré, Aidan va se donner comme mission de remettre d’aplomb tout ce qui est devenu bancal dans sa vie : renouer avec son frère, prendre en compte la maladie de son père, répondre à sa responsabilité de chef de famille et plus globalement, partir enfin à l’aventure de sa vie d’adulte.

Ce programme deviendra-t-il le rôle de sa vie ?

L’histoire de cet homme déçu par l’homme qu’il n’est pas devenu (Aidan s’est protégé en continuant de vivre dans le monde imaginaire qu’il s’est créé enfant) donne lieu à une comédie qui avance à tâtons et part de façon laborieuse à la recherche d’une tonalité narrative qui lui conviendrait, sans jamais la trouver vraiment.

Le film de Zach Braff, qui repose essentiellement sur le personnage d’Aidan et sur les situations auxquelles il est confronté au cours de sa démarche louable de recoller les "morceaux de sa vie", démarre comme une franche comédie sur un rythme dicté par des dialogues du tac au tac et les mimiques étonnées et les facéties d’un anti-héros dont la candeur lui permet de traverser les flammes sans se brûler les ailes.

Lorsque, avec l’hospitalisation du père, les réticences du frère à entrer dans le jeu des réconciliations, le regard plus aigu des enfants, le sujet monte d’un ton, tout est à relancer et le personnage ne va plus avec une comédie dès lors qu’elle devient grinçante.

On connaît bien ces personnages lunaires qui arrivent à leurs fins, non pas à force de stratégie mais par le chemin dont le tracé est dicté par leur innocence.

Malheureusement, très vite celui d’Aidan devient irritant et ce ne sont pas les scènes d’apitoiement des uns et des autres, chacun à tour de rôle, qui freinent la pente du récit dans un désordre frisant l’incohérence.

La comédie américaine a laissé loin derrière elle ses heures de gloire. La faute revient-elle dans certains cas à Woody Allen, cinéaste inimitable dont l’atmosphère des récits en a inspiré plus d’un ? Comme ceux qui, comme Zach Braff, tentent de retrouver trace de son inspiration et de sa veine narrative, et qui s’y cassent le nez.

Francis Dubois

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