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Un film de Sergio G. Sanchez (Espagne)

« Le secret de Marrowbone » Sortie en salles le 7 mars 2018.

Juste avant de mourir, sa mère fait promettre à Jack, qu’au moment de sa disparition, il tiendra son décès secret jusqu’à ce que, ayant atteint ses vingt et un ans, il puisse prendre en charge ses frères et sœur, afin que Jane la cadette, Billy, et Sam le benjamin échappent à la dispersion de la fratrie.

Lorsque la mère décède, Jack décide de respecter son vœu et les quatre jeunes gens se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes dans la demeure familiale isolée. Mais bientôt, alors que le quotidien s’organise, d’étranges phénomènes se produisent qui pourraient être la preuve qu’une présence malveillante hante leur refuge...

cinéma : Le secret de Marrowbone

Sergio G Sanchez était jusque là connu comme scénariste, pour avoir été l’auteur des scripts des films de son ami, le réalisateur J.A.Bayona à qui l’on doit deux œuvres maîtresses du cinéma espagnol de ces dernières années, «  L’orphelinat  » et « T he impossible ».

Au moment de passer à sa première mise en scène, le choix de Sergio G Sanchez s’est porté sur «  Le secret de Marrowbone » .

Une histoire voisine des univers des films de Bayona et qui fait appel à une distribution de très jeunes gens pour interpréter ces frères et sœur, inséparables orphelins, qu’un terrible passé revient hanter et qui trouvent refuge dans un lieu éloigné de tout, dans l’espoir de se reconstruire.

La ferme familiale où les quatre adolescents organisent leur vie à la mort de leur mère constitue un univers miniature qui les affranchit autant qu’il les enferme.

Le décor que la ferme constitue joue un rôle majeur dans l’histoire, qu’il s’agisse des intérieurs aux vastes, nombreuses pièces et couloirs, du mystérieux grenier ou des extérieurs que l’équipe du film est allée dénicher dans la région des Asturies en Espagne.

Contrairement aux codes qui régissent habituellement les films à coloration fantastique, la demeure asturienne du XVIIème siècle qui a été choisie n’est pas une maison d’apparence terrifiante mais un lieu qui se contente de refléter l’état émotionnel de ses occupants.

Le jardin abandonné a des airs de jungle et sa végétation luxuriante marque la frontière entre l’habitation et le reste de la civilisation.

Les quatre frères et sœur évoluent dans un monde régi par ses propres règles invisibles aux yeux de la société ici représentée par le banquier de la famille et Allie, l’amoureuse de Jack, continue à suivre son cours de l’autre côté du mur végétal.

«  Le secret des Marrowbone » est un film qui fait se côtoyer plusieurs genres cinématographiques : le thriller, le film d’horreur, l’histoire d’amour et le conte fantastique, sans jamais grossir le trait ni accorder une préférence à l’un ou à l’autre.

Et plutôt que de le placer face à une suspens à effets, le déroulement du récit invite le spectateur à rassembler différentes pièces d’un puzzle narratif selon une structure que le réalisateur a calquée sur le principe des poupées russes : à chaque fois qu’un nouveau mystère est révélé, c’est comme si on ouvrait une autre matriochka et que celle-ci apportait une nouvelle dimension à l’histoire.

Et ce qui commence comme un drame familial border-line se transforme d’énigme en énigme et sans effet majeur, sans recourir à des effets spéciaux, en mystère fantastique, puis en thriller psychologique et ainsi de suite jusqu’à ce que la dernière poupée soit ouverte et révèle le cœur de l’histoire.

Si la force du film tient aux rebondissements toujours feutrés du récit, le charme qui s’en dégage tient beaucoup à une distribution essentiellement juvénile. Les cinq jeunes comédiens qui interprètent les premiers rôles du film développent une innocence, une fraîcheur, une spontanéité qui produisent une légèreté propre à gommer tout ce qui pourrait alourdir le récit ou « terrifier ». Un récit dont le suspens trouve le plus souvent son mouvement avec la vulnérabilité des protagonistes face aux menaces qui les guettent et à la présence mystérieuse qui finit par les hanter.

Une franche réussite.

Francis Dubois

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