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Un film de Christine François (France)

"Le secret de l’enfant fourmi" Sortie en salles le 2 mai 2012

Cécile a fait le voyage jusqu’au Bénin pour retrouver l’homme qu’elle aime et dont elle n’a plus aucune nouvelle. Celui-ci la voit débarquer à l’improviste sans enthousiasme.

Au moment où elle s’apprête à quitter le pays, désespérée par ce revers amoureux, une femme du village se présente à elle et lui confie l’enfant qu’elle tient dans ses bras avant de s’enfuir.

Cécile va déposer le bébé à l’orphelinat mais les locaux d’accueil sont tellement vétustes et sinistres, qu’elle se ravise, prolonge son séjour et entreprend des démarches d’adoption.

Six années ont passé.

Cécile est de retour en France. Elle a un nouveau compagnon qui envisage une vie commune avec Cécile et Lancelot.

Jusque-là l’enfant semble s’être bien adapté au cocon familial que lui a offert Cécile. Mais tout à coup des incidents surviennent. L’enfant multiplie les cauchemars et il est capable au milieu d’un groupe de se montrer subitement violent.

Un médecin conseille à Cécile de faire, avec Lancelot, un séjour au pays de ses origines et de tenter de percer le secret de son abandon.

Au cours de ce nouveau séjour, Cécile découvre qu’au Bénin, des enfants qui présentent une anomalie pouvant aller d’une naissance prématurée à un simple défaut de dentition, peuvent être considérés comme des esprits néfastes et se voir sacrifiés par leur famille ou par la communauté.

Lancelot était de ceux-là et c’est la raison pour laquelle sa mère, voyant l’échéance de sa mort s’annoncer, l’avait, six années auparavant, en désespoir de cause, confié à Cécile.

Le film de Christine François est inspiré d’une histoire vraie à quelques détails prés. Il dénonce les infanticides rituels pratiqués dans certaines régions d’Afrique.

Mais, à cause d’un scénario beaucoup trop dilué, constellé d’invraisemblances ou de rebondissements "téléphonés", démonstratif et appliqué, le propos se dissout et il ne subsiste d’un sujet intéressant qu’une illustration nonchalante que le jeu continuellement "douloureux" d’Audrey Dana, n’arrange pas.

Le contour des personnages secondaires conforte l’aspect didactique du récit. Ils sont redoutables et cruels quand il le faut, puis généreux et complices quand ça devient nécessaire. Et c’est peut-être bien Robinson Stévenin, qu’on a vu à d’autres occasions si bon comédien, qui fait les frais d’une écriture et d’une direction d’acteurs bâclées

Il reste les paysages, certains moments du récit qui dévoilent les mœurs tribales persistantes et ceux qui révèlent une prise de conscience instinctivement moderne, de la part des jeunes générations, des règles ancestrales toujours en vigueur.

Francis Dubois

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