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Un film de Ludovic Virot (France)

"Le sens de l’âge" Sortie en salles le 14 septembre 2011

Ludovic Virot écoute six octogénaires parler du vieillissement. Si, vu de l’extérieur, l’accès aux dernières décennies de l’existence effraie, ils sont là, tous les six, pour témoigner sur la vieillesse et dire qu’on ne peut la réduire à l’altération du corps et à la dégradation des facultés intellectuelles.
A condition d’adapter son rythme et ses habitudes de vie aux nouvelles données, l’âge peut être porteur d’autres promesses.

Et si le physique est soumis à plus de lenteur, à moins de mobilité, l’esprit, avec plus de sagesse, ne développe-t-il pas plus de souplesse ?
Il y a les renoncements, des abandons en cours de route mais l’enjeu de la vie se faisant moins exigeant, la vie s’ouvre, au prix d’un certain détachement, d’un constat objectif des capacités persistantes, à une certaine et non négligeable liberté.
Madeleine qui vit au milieu du quartier chinois, dans le 13ème arrondissement de Paris est curieuse de découvrir une autre culture et trouve du plaisir à de nouveaux contacts au hasard de ses promenades. Satisfaite des soins de sa manucure cambodgienne, elle offrira à une de ses amies, une décoration de ses ongles, à la première occasion.
Frida vit activement avec les souvenirs d’une vie passée bien remplie. Si elle a renoncé aux rencontres amoureuses, elle trouve du plaisir à entretenir ses plantes dont elle a découvert que le feuillage était d’une infinie douceur.
Jacqueline, au bras d’un professeur, fait ses premiers pas sur la glace d’une patinoire. La griserie de la glissade va l’enchanter un moment.
Madeleine qui, toute sa vie, a fréquenté les salles de ventes à la recherche d’objets ou de meubles, a décidé de revendre les acquisitions de toute une existence et d’habiter dorénavant un appartement clean et zen.
Ludovic a pris le parti de ne rencontrer que des octogénaires aux moyens aisés, valides, autonomes et qui ne connaissent apparemment aucune difficulté d’isolement. C’est ainsi, qu’échappant à la condition toute autre des personnes âgées en milieu hospitalier ou en maison de retraite, il peut éviter à son sujet tout apitoiement et laisser le champ libre à l’optimisme de reconversions assumées sinon tout à fait choisies.
Il a débarrassé ces hommes et ses femmes de tout encombrement de descendance. Les uns et les autres sont là, à quatre-vingt ans passés, pour confirmer que la vieillesse est la parfaite réplique de l’existence qu’on a menée.
Si le réalisateur évite toute condescendance, on sent filtrer, à travers le filmage, dans les moments de silence, un temps de flottement ou d’égarement, la charge de tendresse qu’il porte à ses personnages.
S’il aime capter les visages, les mains, il aime tout autant saisir ses personnages de loin, au cours d’une promenade bucolique qui ressemble à s’y méprendre à une promenade d’amoureux.
Francis Dubois

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