Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Roberto Garzelli (France)

"Le sentiment de la chair" Sortie en salles le 29 décembre 2010


Héléna, étudiante en dessin anatomique fait, à l’occasion d’un examen médical, la connaissance de Benoît, un jeune médecin radiologiste. Au matin de leur première nuit ensemble, alors que le jeune homme dort encore, Héléna qui possède une faculté à mémoriser les corps, observe un à un tous les signes caractéristiques visibles à la surface de sa peau. Elle en tirera une série de croquis que Benoît va découvrir. Dès lors un amour passionnel va les réunir et cette parfaite connaissance l’un de l’autre ne va pas bientôt plus suffire. Benoît éprouvera le besoin de découvrir les secrets intérieurs du corps d’Héléna. Cette recherche vertigineuse va les amener au bord du gouffre…
On ne pourra plus dire désormais que le cinéma français raconte éternellement la même histoire. Le scénario et le traitement de "Le sentiment de la chair" en font une œuvre forte et originale. Et là où le film aurait pu buter, il s’élève, prend de la distance. Là où on aurait pu craindre une panne, il nous tient en haleine. Même s’il est faux de dire que ce film tient le spectateur en haleine. Ce serait le réduire…
Tout, dans l’histoire portait à basculer dans le genre fantastique. Or, tout le talent de Roberto Garzelli est de maintenir, au contraire, le récit dans la naturel et le quotidien. Il a su traiter une histoire qui sort de l’ordinaire de façon naturaliste et n’a recherché à produire aucun effet.
Ces deux jeunes gens s’aiment comme des millions d’autres. Il est tout à fait légitime que la force de leur amour les pousse à se connaître le mieux qu’ils peuvent. Or, leurs métiers respectifs et vaguement voisins a exercé leurs regards à voir différemment les corps et tout à coup le corps de l’être aimé.
Le parti pris de ne faire appel dans le déroulement du récit à aucun effet permet au film de rester sur la même ligne de bout en bout et lui évite tout essoufflement, tout instant de dépression qui pourrait faire suite à un épisode saillant.
Thibaut Vinçon joue avec une aisance confondante ce jeune médecin passionné par l’imagerie médicale et Annabelle Hettmann dont c’est ici le premier grand rôle, mêle assurance et fragilité avec beaucoup de grâce et de talent.
"Le sentiment de la chair" est un film à ne pas manquer et souhaitons qu’il ne passe pas à la trappe des sorties hâtives. Ce serait injustice.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)