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Un film de Jérôme Bonnell (France)

"Le temps de l’aventure" Sortie en salles le 10 avril 2013

Alix, la petite quarantaine, est comédienne. Elle joue chaque soir dans un théâtre à Calais " La dame de la mer" d’Ibsen. Cette fois-ci, elle doit le lendemain très tôt, prendre le train pour Paris, à cause d’une audition matinale.

Pendant le voyage, son regard croise celui d’un homme plus âgé qu’elle, au charme certain et au regard mélancolique. La même attirance saisit le quinquagénaire au même instant et Alix, mystérieusement poussée par une force qui la guide, forcera le destin, ira puiser dans une audace qui ne lui est pas coutumière pour retrouver à tout prix l’homme et vivre avec lui le temps d’une journée, une vraie histoire d’amour.

Jérôme Bonnell a fait du chemin depuis "Le chignon d’Olga" , son premier long métrage en 2002 ou "Les yeux clairs" son second en 2005, et si son cinéma gagne en maîtrise, il perd un peu l’originalité et la sensibilité de ses sujets.

Quand on est face au "Temps de l’aventure", o n dirait qu’il est rentré dans le rang des cinéastes efficaces et qu’il a trouvé son cadre, contrairement à Stéphane Brizé ( Quelques heures de printemps) ou Philippe Lioret ( Welcome ) dont les premiers films pouvaient se rapprocher des siens, dans les histoires intimes, loin de toute considération sociétale ou politique.

Ici, son personnage d’Alix est celui d’une jeune femme qui avance à vue et qui n’a pas encore établi les bases de sa vie.

Elle est une comédienne qui rame, quelqu’un qui, tout à coup se retrouve sans un sou en poche, privée de carte bancaire et de téléphone portable, qui se débat comme elle peut pour s’en sortir et qui, parce qu’il ne répond pas au téléphone, se met à douter de l’amour d’Antoine, son compagnon depuis huit ans.

Alix est un personnage contemporain offert aux précarités de toutes sortes et c’est sans doute cette fragilité dont elle prend conscience, qui la fait aller vers un homme d’âge mûr qui lui, représente la stabilité.

Son obstination à se retrouver en présence de Douglas qui la conduit à passer outre les règles de la décence, vient d’une force qui l’anime dont elle ignorait jusque-là qu’elle la possédait.

" Pourquoi avez-vous cherché à me revoir ?" lui demande Douglas. Ce à quoi, elle répond avec un accent de sincérité qui ne trompe pas : "je ne le sais pas moi-même"

Elle ira jusqu’à le relancer dans sa chambre d’hôtel. Ils feront l’amour une première fois, puis une autre fois, au risque pour elle de rater son train et de ne pas être à Calais pour l’heure de la représentation au Théâtre.

On dirait, à certains moments de "Le temps de l’aventure" que le cinéma de Jérôme Bonnell renoue avec celui des années cinquante, lorsque le cinéma était pur divertissement et qu’on y allait pour rire ou s’émouvoir.

L’histoire d’amour entre Alix et Douglas est belle, touchante, vibrante et le décor est un décor de gares, de bistrots et de chambre d’hôtels. Les personnages secondaires sont bien tracés, celui de Rodolphe (savoureux Gilles Privat) ou de Diane (toujours parfaite Aurélia Petit)

Quelques détours par le cocasse (Alix étreignant un réverbère). Tout cela est très bien sauf que pour sauver le fil ténu de son propos, Jérôme Bonnell est tenu de passer par de nombreux clichés et une fin ouverte qui en est l’exemple criant.

"Le temps de l’aventure " est un film à ne déconseiller à personne et à recommander aux amateurs de belles et brèves histoires d’amour.

Francis Dubois

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