Actualité théâtrale

au Théâtre des Béliers Parisiens, les mercredi, jeudi et vendredi à 19h

"Le temps des Suricates" Une pièce de Marc Citti - Mise en scène Benjamin Bellecour

Les suricates sont des mammifères qui vivent dans le désert. L’image qu’on en a est celle de petits animaux dressés en appui sur leurs pattes-arrières, en position de sentinelles.
L’inquiétude constante que manifeste l’animal rejoint-elle celle des deux personnages de la pièce de Marc Citti, comédiens de troisième ordre toujours sur le qui-vive, réduits pour survivre à accepter tout ce qui se présente, hallebardiers au théâtre, figuration an cinéma ou petits rôles à la télévision ?

Pour l’instant, Mathieu et Edouard, compagnons de galère, interviennent dans un "Hamlet" sans panache, en tournée dans des petites villes de la France profonde. L’un tient le rôle d’Horacio et l’autre, interprète pour de brèves apparitions, plusieurs silhouettes de la pièce. Entre deux entrées en scène, ils ont tout le temps de parler de leur métier, de chercher à situer le moment où ils ont raté le coche pour une carrière plus honorable, de faire le point et de répéter le court texte d’une panouille pour la télé.
S’ils sont différents – l’un est un géant à qui l’on ne propose que des rôles de videur ou de méchant et l’autre est un gringalet malicieux – ils ont en commun la poisse, l’inquiétude du lendemain, les problèmes d’argent et le regret d’être passés à côté de la seule chose qu’ils sachent faire : jouer la comédie.
C’est leur imagination qui va les sortir du désespoir, de la routine en les faisant basculer dans une fantasmagorie salvatrice. Leurs reflets dans les miroirs gagneront leur propre autonomie et la loge se retrouvera hantée par les fantômes du passé et des créatures d’un futur possible.
culture-théâtre "Le temps des Suricates"
Marc Citti qui fut élève de Patrice Chéreau à l’Ecole de Nanterre Amandiers, a écrit sur un sujet brûlant qu’il connaît bien, un texte à la fois drôle, poétique, pathétique. Son interprétation aussi espiègle que grave, qui puise dans tous les registres de la comédie, dans toutes les nuances de jeu, est en contraste parfait avec celle de Vincent Deniard qui apparaît en géant bougon, placide et pétri de générosité.
Au lieu de sentiments d’amertume, de regrets, d’un constat négatif, "Le temps des suricates" traîne à ses basques, sur le sujet de la précarité des comédiens, une sorte d’optimisme.

Voilà l’occasion rêvée pour découvrir "Le Théâtre des Béliers Parisiens", un lieu chaleureux, vaste, de bon goût et très confortable.
Francis Dubois

Théâtre Les Béliers Parisiens 14, bis rue St Isaure 75 018 Paris
Réservations au 01 42 62 35 00
www.theatredesbeliersparisiens.com
Se réclamer du Snes et de cet article : demande de partenariat Réduc’snes en cours.

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Providence »
    Lorsque les tours jumelles se sont effondrées le 11 septembre 2001 à New-York, il y a eu des milliers de morts, mais aussi plusieurs dizaines de disparus dont on n’a jamais retrouvé nulle trace. On... Lire la suite (13 avril)
  • « Suzanne »
    Paul se marie avec Louise, sous le bruit de la canonnade, à la veille de partir à la guerre en 1914. En 1915 il déserte, revient chez lui et, avec l’aide de Louise, se travestit en femme pour... Lire la suite (11 avril)
  • « Qui suis-je ? »
    Vincent est en Troisième. Il a quatorze ans et demi, se trouve un physique d’endive, est intelligent et bon élève, mais nul en sport, ce qui lui vaut les sarcasmes du prof de gym et des autres... Lire la suite (8 avril)
  • « Madame Marguerite »
    Curieuse institutrice que cette Madame Marguerite, qui insiste sur son nom, l’écrit au tableau tout comme un certain nombre de sentences sur la vie, la mort, le sexe pour qu’elles s’inscrivent dans... Lire la suite (6 avril)
  • « Tous mes rêves partent de Gare d’Austerlitz »
    Dans une Maison d’arrêt de femmes, des prisonnières se retrouvent à la bibliothèque. Elles y évoquent leur quotidien, leur travail, leurs amours, leur enfance ou leurs rêves. Le soir de Noël elles ont... Lire la suite (4 avril)