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Un film de Régis Warnier (France Cambodge Belgique)

"Le temps des aveux" Sortie en salles le 17 décembre 2014.

Alors qu’il travaille au Cambodge à la restauration des temples d’Angkor, François Bizot, jeune ethnologue français, est capturé par les Khmers rouges en même temps que ses deux assistants originaires du pays.

Détenu dans des conditions difficiles en pleine jungle, il est accusé de collaboration avec la CIA.

Duch, le tortionnaire qui sera à l’origine de l’exécution de milliers de cambodgiens au cours des quatre années où les Khmers rouges ont eu la main mise sur le pays, n’est alors que le jeune chef du camp où est détenu François Bizot.

Le charisme de l’ethnologue, ses qualités humaines, son courage vont avoir un effet positif sur Duch qui, persuadé de l’innocence du détenu, demandera sa libération à sa hiérarchie.

Cinéma : "le temps des aveux"

" Le temps des aveux" est l’adaptation d’un premier ouvrage, "Le portail " que François Bizot, spécialisme du bouddhisme, a écrit sur le sujet.

Mais il faudra attendre la parution d’un livre complémentaire du même auteur " Le silence du bourreau" paru en 2011 et qui décrit la confrontation des deux hommes juste avant le procès de Duch, pour que Régis Warnier entame l’écriture de son film en 2012.

Rithy Pahn qui a co-produit le " Temps de aveux " avait réalisé, sorti sur les écrans en janvier 2012, un documentaire sur le personnage de ce tortionnaire qui, à compter du moment où il fut nommé au Centre S 21 à Phnom Penh, a commandé à lui seul une vraie machine de guerre et fait exécuter selon les chiffres officiels, 12 380 personnes.

Ce monologue de Duch, entrecoupé d’images d’archives et de témoignages de survivants était un film documentaire saisissant qui interrogeait sur les capacités en cruauté de l’être humain.

Le film de Régis Warnier, très scénarisé, est l’illustration "romancée" du terrible épisode qu’a traversé le Cambodge pendant les quatre années où les Khmers rouges ont été au pouvoir.

Le témoignage de François Bizot depuis son arrestation jusqu’au procès de Duch, est traité par le cinéaste qu’on a connu plus inspiré, de façon beaucoup trop anecdotique et romanesque.

Les personnages et les situations trop schématiques ne sonnent pas juste et Raphaël Personnaz ne parvient pas à restituer l’authenticité du récit de François Bizot ; et comme il en est de même d’ Olivier Gourmet et de Phoeung Kompheak, le comédien cambodgien qui interprète le tortionnaire, on est amené à se dire que ce ne sont pas les interprètes qui sont en cause mais le scénario et la mise en scène, l’un et l’autre, d’une grande platitude.

Les épisodes du récit s’alignent l’un après l’autre sans que le passage du temps ne soit ressenti.

La déception est d’autant plus grande qu’apparaît au générique le nom de Rithy Pahn, cinéaste très impliqué politiquement dans l’histoire de son pays, documentariste magnifique et rigoureux dont on a pu admirer l’an dernier un autre joyau " L’image manquante " où le drame était mis en images sous la forme d’une "animation" de santons en terre.

Le film de Régis Wargnier est sans relief et surtout, il n’éclairera pas le spectateur sur l’histoire du Cambodge, tant il est difficile de faire le lien entre ce qui est montré à l’écran, de tonalité beaucoup trop romanesque, et la réalité des faits.

Francis Dubois

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