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Un film de Aktan Arym Kubat (Kirghizstan-Allemagne-France-Pays-Bas)

"Le voleur de lumière" Sortie en salles le 2 mars 2011

Dans un petit village perdu des montagnes Kirghizes, celui qu’on appelle Monsieur Lumière est chargé d’entretenir les lignes électriques. Sa présence est précieuse à ce titre mais cet homme ne s’en tient pas à son seul travail. Il lui arrive de trafiquer les compteurs des maisons dont les habitants se trouvent dans l’impossibilité de payer leurs factures.

Monsieur Lumière, homme généreux, sait aussi, quand on fait appel à lui, déborder les limites de sa mission professionnelle. Il écoute les uns, conseille les autres, trouve les bonnes paroles pour consoler ceux qui traversent des périodes difficiles et il lui arrive de tempérer les conflits conjugaux de ces villageois vivant totalement à l’écart de la civilisation moderne.
Monsieur Lumière a un projet ambitieux. Il voudrait construire des éoliennes qui alimenteraient toute la région en électricité. Mais sera-t-il de taille à faire face aux intérêts des puissants corrompus qui dominent le pays.
Lorsqu’en 2005, le film de Aktan Kub Kubat était en préparation, survint la "Révolution des Tulipes"qui déboucha sur le départ d’Akaïev, l’homme fort de Kirghizstan depuis l’indépendance. En 2010, alors que le réalisateur s’apprêtait à aller présenter son film à Cannes, les émeutes de la "Révolution sanglante" éclataient à Bichek et le Président Bakiyev devait à son tour, abandonner le pouvoir. C’est ainsi que le film connut deux révolutions mais Aktan continue de considérer que le Kirghizstan est le seul pays d’Asie centrale à évoluer démocratiquement.
C’est ainsi que d’une certaine façon, à chacune des étapes de sa vie,"Le voleur de lumière" anticipait les prochains événements et qu’il portait en lui une force prophétique.
Aktan Kub Kubat est un villageois et c’est dans une région rurale profonde qu’il a décidé de tourner son film, une région souvent ventée, à la fois magnifique et ingrate, et pour interpréter les personnages de son récit, il a fait appel à des acteurs professionnels mais aussi à de nombreux non professionnels. L’ampleur des paysages d’une région perdue dans les montagnes et qui semble oubliée de tous, l’authenticité des personnages, donnent parfois au film la tonalité d’un documentaire.
Le film décrit avec une grande liberté, à travers la vie quotidienne des villageois, la situation politique du pays et le réalisateur transmet à travers un récit parfois cruel, l’optimisme qu’il porte sur l’avenir du Kirghizstan et ce n’est pas un hasard si le film, qu’il dédie à ses petits enfants, s’achève sur l’image d’une ampoule qui s’allume petit à petit, une lumière produite par une éolienne…
Francis Dubois

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