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un documentaire de Davide Ferrario

"Le voyage de Primo Levi" sortie en salle le 12 mars

Lorsqu’il est libéré du camp d’Auschwitz en janvier 1945, Primo Levi décide de rejoindre l’Italie et la ville de Turin. Le voyage durera dix mois au cours desquels il devra traverser la Pologne, l’Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, l’Autriche et l’Allemagne.
L’histoire de ce voyage, ses rencontres et ses observations constituent le sujet d’un de ses plus beaux livres : La trève. Six décennies plus tard, Davide Ferrario réalisateur et Marco Belpoliti, scénariste, ont eu le projet de refaire le même voyage avec une caméra, pour une sorte d’état des lieux. Le voyage de Primo Levi est tout à la fois, une road movie sur les pas de l’auteur et la peinture sans concessions de la nouvelle Europe encore marquée par l’Union soviétique, les mouvements nazis, Tchernobyl ou ses villages d’immigrés… Pour Primo Levi la trève était la période comprise entre la fin de la seconde guerre et le début de la guerre froide. Celle qui est montrée dans le film serait comprise entre la chute du mur de Berlin et la destruction des Tours jumelles… Auschwitz pose une première question, celle de la mémoire aujourd’hui. Le réalisateur Andrzej Wajda, toujours en Pologne, fait visiter l’aciérie de Nowa Huta en ruines. Puis c’est l’Ukraine où l’on s’attache à l’assassinat mystérieux de l’artiste Igor Bilozir. En Biélorussie, c’est la visite de ce qui reste du Goulag Novograd-Voljinsky puis, à la limite de l’Ukraine, la traversée de la zone interdite de Tchernobyl et celle de la ville fantôme de Prypiat où un survivant raconte… La traversée de la Moldavie se fait à bord d’un bus d’immigrés forcés de quitter leur pays et celle du Danube en Roumanie à bord d’une barque de pêcheurs. Destins croisés d’une famille italienne immigrée et d’un entrepreneur italien venu en Roumanie pour les avantages d’une main d’œuvre peu coûteuse… En Allemagne, c’est un meeting néo-nazi qui nous attend…
Puis c’est l’Italie enfin où l’on croise l’ami de longue date de Primo Levi, l’écrivain Mario Rigoni Stern, lui aussi survivant de la guerre. L’Italie où Primo Levi se suicidera en 1987…
Un thème de référence a été choisi pour chaque pays traversé et ce qui ressort surtout de ce voyage ingénieusement guidé sur les pas de Primo Levi c’est ce qui résulte de l’uniformisation, la disparition de ce qui caractérisait chaque pays, chaque peuple et leurs histoires individuelles.
Le dossier de presse du film annonce : 60 ans d’histoire-6000 km de symboles. Le film ne dément pas. Il est dense et très construit et devrait être à l’origine de nombreux débats…
Francis Dubois

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