Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Eran Riklis (Israël-Allemagne-France-Roumanie)

"Le voyage du Directeur des Ressources Humaines" Sortie en salles le 15 décembre 2010

Le Directeur des Ressources Humaines de la plus grande boulangerie industrielle de Jérusalem est dans l’impasse. Ses activités le débordent au point qu’il n’a plus de temps à consacrer à sa famille. Sa femme rechigne. Sa fillette le boude et pour couronner le tout, il n’aime pas du tout son travail et ses missions…
Une des employées de la boulangerie, ressortissante roumaine, meurt dans un attentat suicide et le DRH découvre qu’elle avait été licenciée un mois auparavant sans qu’il en ait été averti.
Faute professionnelle ou pas, la directrice de l’entreprise décide, pour rattraper le coup, qu’il accompagnera la dépouille de la jeune femme jusqu’au village dont elle était originaire, au fin fond de la Roumanie.
Le cercueil est chargé à bord d’une camionnette poussive où prennent place le vieux chauffeur, le journaliste qui "couvre" l’affaire et le DRH. A ces trois là s’ajoutera bientôt le fils de la défunte, un adolescent rebelle et un vice-Consul atypique…
La camionnette en panne, il faudra trouver un véhicule de rechange et c’est à bord d’un ancien tank de l’armée que l’équipage arrive enfin au terme du voyage.
Mais alors qu’on pensait avoir touché au but, rien ne se passe comme prévu…
Le titre du film pourrait laisser supposer un film institutionnel sur la fonction de Directeur des Ressources humaines. Or, il s’agit d’un récit, d’une fiction savoureuse oscillant sans cesse et souvent avec bonheur, entre la tragédie et la drôlerie des situations.
Au cours de ce voyage chaotique, finit-on par oublier le cercueil et à l’intérieur de celui-ci le corps de cette femme qui avait émigré en Israël, terre promise, pour s’y installer et par la suite y faire venir son fils et sa mère. Jamais tout à fait même si les situations cocasses au long du voyage nous en éloignent parfois.
Le DRH qui ne pensait au départ qu’à la réputation de l’entreprise qui l’emploie, le journaliste dont l’obsession était de réaliser les clichés les plus racoleurs sur l’affaire et l’enfant rebelle en pleine souffrance vont apprendre à cohabiter et à nuancer leurs points de vue. Ils auront peut-être appris les uns et les autres à vivre avec la mort.
La drôlerie des situations est sans cesse relancée avec l’évolution des personnages et les aléas du voyage pour atteindre un sommet avec l’image surréaliste d’un tank roulant sur des petites routes de campagne et sur lequel, tenu par des courroies, trône un cercueil.

© 12Teams productions

On reprochera au film ses moments de sensiblerie un peu appuyée mais peut-être nécessaires ou son côté un peu trop consensuel.
Il n’en demeure pas moins qu’on passe en compagnie de ces personnages, dont certains sont hauts en couleur, un bien agréable moment..
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Sergio et Sergei »
    1991. La guerre froide est terminée et l’URSS s’écroule. Sergei, un cosmonaute russe est resté coincé dans l’espace, oublié par les soviétiques qui ont d’autres chats à fouetter. A Cuba, grâce à une... Lire la suite (25 mars)
  • « Companeros »
    En 1973, l’Uruguay bascule dans la dictature. Des opposants politiques sont secrètement emprisonnés par le nouveau pouvoir militaire. Le film de Alvaro Brechner s’attache aux terribles conditions... Lire la suite (24 mars)
  • « C’est ça l’amour »
    Depuis que sa femme a quitté le domicile, Mario assure le quotidien domestique et s’occupe seul de ses deux filles, Fida, quatorze ans, qui lui reproche le départ de sa mère et Niki, dix-sept ans, en... Lire la suite (23 mars)
  • « Still Recording »
    En 2011, Saeed a vingt ans. Étudiant ingénieur, il quitte Damas pour Douma et pour participer à la révolution syrienne. Quelque temps plus tard, il est rejoint par son ami Milad, étudiant aux... Lire la suite (23 mars)
  • « Sunset »
    1913, Irisz Leiter revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. Son retour a Budapest est motivé par le désir de travailler dans le magasin de chapeaux dont autrefois, ses... Lire la suite (19 mars)