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un film de Alberto Rodriguez (Espagne)

"Les 7 vierges" sortie en salles le 2 avril

"Les 7 vierges" est un jeu. Il consiste, à l’aide d’icônes de la vierge, à passer de l’autre côté du miroir à la découverte de son avenir. C’est ici le jeu qui marque la fin de l’adolescence.
Tano, un adolescent révolté issu d’un quartier ouvrier d’une ville du sud de l’Espagne purge une peine dans un Centre de redressement. Il a obtenu un permis spécial de sortie de deux jours à l’occasion du mariage de son frère Santacana. Au cours de ces 48 heures de liberté, il retrouve son ami de toujours Richi, petit trafiquant, voleur à la tire en compagnie de qui il va vivre pleinement et dangereusement ces quelques heures de liberté. L’alcool, la drogue mais aussi l’amitié, l’amour et la rupture amoureuse seront au rendez-vous avec d’incessants allers-retours entre dérapages, risques de rechute, moments de vérité et de tendresse. Le sujet n’est pas neuf. L’adolescent mi tendre mi révolté, capable du pire et du meilleur, partagé entre les bons sentiments qui pourraient être son penchant et les mauvaises actions gratuites qui l’ont conduit à la maison de redressement n’est pas un personnage nouveau au cinéma. L’action limitée dans le temps qui conduit à concentrer sur 48 heures assez d’évènements pour justifier un passage subit à une maturité représente un danger pour la crédibilité du récit.
Mais le film cumule deux atouts de taille : un scénario qui joue habilement avec les poncifs, les traite de façon frontale et, du coup les renouvelle. Et un casting d’une grande qualité, d’une parfaite vraisemblance. Les deux personnages principaux, Tano et Richi sont à la fois proches et contrastés. Ils représentent parfaitement avec des physiques, des comportements et une psychologie différentes ces fraternités adolescentes à la fois solides et précaires. Chacun donnant à son personnage une crédibilité qui tient plus à la façon d’être qu’au jeu dramatique. On pourrait citer le frère aîné qui n’a à fournir comme exemple que son existence médiocre mais honnête et qui nourrit une admiration silencieuse pour son cadet ou la mère de Richi en épave accro au tabac…
Les 7 vierges est une fiction dont la sincérité, la vérité des personnages et des situations contribueront peut-être à donner une palpable consistance à des évènements qui alimentent généralement les colonnes des faits divers et font passer à la trappe de l’anecdote ce monde mal connu peuplé de bien réels Tano et Richi.
Un film de bonne tenue qui pourrait être une très bon support pour se pencher en groupe sur le mécanisme des dérives de comportement qu’on se contente si facilement de condamner. Francis Dubois

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