Archives 2010-2011

Les Environnements numériques de travail (ENT) (Lille)

La mise en place d’ENT (environnements numériques de travail) dans les établissements, dans des conditions souvent
peu transparentes et avec des objectifs parfois contestables, pose de redoutables questions aux personnels
de l’Education nationale. Qu’il s’agisse des pratiques pédagogiques elles-mêmes, du travail de la vie scolaire ou de
la gestion des personnels, les nouvelles technologies interfèrent de façon croissante dans nos métiers.

Où se situer entre refus total au nom des possibles atteintes aux libertés ou de rapports de travail ressentis comme
désincarnés, et l’acceptation sans condition au nom du progrès et du caractère irréversible des changements de la
société ? A quelles conditions l’utilisation de cet « espace » peut-elle améliorer réellement les relations dans l’établissement,
avec les parents, simplifier des procédures administratives parfois pesantes, ouvrir de véritables carrefours d’information,
d’échanges ? Quelles protections ou barrières exiger pour éviter de les transformer en réseaux de surveillance,
de pressions et pour repousser toute tentative de transformations de nos missions et d’imposition de pratiques ?

A l’heure où, à travers l’obligation de renseigner le cahier de textes numériques – effective à la rentrée 2011 -, la fréquentation
des ENT devient une réalité pour chacun, il nous a paru opportun de publier les mandats que la section académique du
SNES s’est donnés au cours du Congrès de Lens, le 4 mars 2010.

Mandats du congrès académique de Lens (extraits*)

Le site Educnet définit l’ENT
(espace numérique de travail)
comme un ensemble intégré de
services numériques, choisis,
organisés et mis à disposition
de la communauté éducative par
l’établissement scolaire.

Un ENT comprend un volet pédagogique
(l’usage des tice dans l’enseignement), et
un volet administratif. Ainsi, la généralisation
des ENT dans les collèges et lycées
ne désigne pas seulement le déploiement
des tice « au service des EPLE » et des
apprentissages, mais aussi une nouvelle
organisation scolaire à toutes les échelles de l’EN : nationale, académique, établissement.
De fait, le ministère et les rectorats
conçoivent officiellement les ENT
comme un « prolongement dématérialisé
 » des collèges et lycées. [...]

Sur le plan syndical, il est nécessaire de
s’interroger sur cette volonté de « dématérialiser
 » la structure actuelle du système :
s’agit-il de construire une nouvelle structure,
dans laquelle personnels (et élèves)
seraient davantage isolés face à d’autres
acteurs (parents, IPR, chefs d’établissement,
collectivités territoriales et entreprise
privées) ? […] Derrière une volonté
apparente de rendre plus cohérentes les
politiques éducatives, pourrait se dessiner
un fonctionnement beaucoup plus différencié de chaque établissement, au nom
de l’individualisation et de la demande
toujours plus forte d’informations. Dans
ce contexte, l’action du SNES consiste à :
- interroger la pertinence et l’impact des
nouvelles technologies sur les pratiques
pédagogiques, et sur la place des personnels
dans le fonctionnement des établissements.
[…]
- lutter contre un pilotage accru de l’Education
Nationale par le local, dont l’ENT
serait un outil privilégié, dans une période
où l’autonomie des chefs d’établissement
est renforcée.
- donner aux collègues les outils permettant
de lutter contre la privatisation des
contenus et des outils pédagogiques via le
développement des ENT. [...]

*version complète disponible sur le site

Autres articles de la rubrique Archives 2010-2011