Actualité théâtrale

Théâtre de la Bastille - Partenaire Réduc’Snes - jusqu’au 17 novembre 2012

"Les Estivants" de Maxime Gorki Mise en scène Compagnie TG STAN

Fidèle au Théâtre de la Bastille où il a donné une bonne dizaine de ses spectacles, parmi lesquels "Les Antigones" en 2001, "My dinner with André" en 2005 ou "L’impromptu XL" en 2009, le Collectif flamand TG Stan revient cette année, toujours dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, avec "Les Estivants" de Maxime Gorki (1904) qui est la peinture douce-amère de la bourgeoisie russe et du moment marquant de l’accès des classes moyennes au domaine intellectuel.

Se retrouve sur scène un vrai brassage de la société de l’époque, en villégiature, au cours d’un été à la campagne. Quelques-uns ont réussi matériellement. Il y a des fonctionnaires mais aussi des gens du peuple, des marginaux oisifs ou les représentants d’une jeunesse idéaliste, libérée de la chape tsariste.

L’oisiveté est pour ces personnages l’occasion de conversations phraseuses, d’échanges d’idées à propos de la vie, du mariage, de la politique, de l’amour, des enfants, de l’adultère.

Gorki oppose à la vacuité du discours des intellectuels, le bon sens, la clairvoyance et l’idéalisme responsable des gens du peuple qui n’oublient pas qu’ils sont des enfants d’ouvriers et qui voient dans un rapprochement désormais possible avec les gens cultivés, l’occasion d’une ouverture qui devrait changer leur vie, l’alléger et l’élargir.

S’appuyant sur le pessimisme d’une société en mutation, le TG Stan introduit la part de bouffonnerie qui caractérise ses mises en scène. Il y ajoute de la truculence, de la démesure, oriente certains personnages vers la caricature et la dérision, tord le cou aux répliques les plus graves pour les délester de leur charge pessimiste.

L’humour, l’ironie que renforce l’accent chantant vont dans la tonalité de l’auto-dérision et le plateau devient un lieu festif où, aux mouvements de groupes agités, succèdent les duos amoureux, les pique niques ennuyeux, la lecture d’un poème ridicule…

Le TG Stan considère "Les Estivants" comme l’œuvre d’un jeune écrivain énergique qui ne serait pas encore incapable de s’en tenir strictement à l’essentiel.

Mais aussi, il le prend comme l’occasion pour le collectif de répondre aux besoins du groupe et de sa vision du théâtre, d’établir des parallèles avec l’époque actuelle, d’amuser un public avec des situations pathétiques et de l’intéresser avec des gens qui ne font rien.

Si l’on rit souvent tout au long du spectacle, on ne perd pas de vue le message de Gorki qui disait de sa pièce qu’elle avait été écrite pour "donner des rêves à l’âme", à laquelle il prêtait "une fonction de réveil politique pour préparer la révolution à venir"

Avec cette mise en scène des "Estivants", le TG Stan , avec ses airs de saltimbanques un peu "braques", nous donne à voir un "spectacle de tréteaux", un travail inventif et réjouissant où pas une seule seconde des deux grosses heures que dure la représentation ne pèse !

Théâtre de La Bastille 76, rue de la Roquette 75 011 Paris

www.theatre-bastille.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative : 01 43 57 37 42 14

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Les enfants de la manivelle »
    Dans la grande foire qu’est devenu le festival « off » d’Avignon, il y a des pépites à découvrir, des moments rares de spectacle vivant inoubliable. Nous en avons évoqué quelques-uns avant de les... Lire la suite (18 juillet)
  • « Croustilleux La Fontaine »
    La Fontaine n’a pas écrit que des fables devenues, à juste titre, monument national et dont on ne cesse de pointer les visées morales plus complexes qu’il n’y paraît au premier abord. Rappelant que «... Lire la suite (8 juillet)
  • Le maître et Marguerite
    Nous avions présenté cette pièce ici : « Le maître et Marguerite » Vous pourrez la retrouver en Avignon, dans le OFFLire la suite (7 juillet)
  • Kiki, le Montparnasse des années folles
    Cette pièce est reprise au théâtre du Ranelagh, 5 rue des Vignes, 75016 Paris. Jusqu’au 29 juillet du mercredi au samedi à 20h30, le dimanche à 17h. retrouvez la critique ici : « Kiki »... Lire la suite (7 juillet)
  • « Convulsions »
    Convulsions revisite un épisode de la tragédie de Sénèque, Thyeste . Atrée et Thyeste ont assassiné leur demi-frère, après lui avoir infligé des tortures terrifiantes. La barbarie gagne la relation... Lire la suite (6 juillet)