Actualité théâtrale

Au Studio de la Comédie Française jusqu’au 30 juin

« Les Serge » (Gainsbourg point barre)

On connaissait la qualité de comédiens des acteurs de la Comédie Française, ils nous surprennent encore. Certains d’entre eux sont en effet de très bons chanteurs et musiciens. C’est le cas de Sébastien Pouderoux et de Stéphane Varupenne qui adaptent et mettent en scène les Serge.

Accompagnés par quatre autres membres de la troupe ( Yoann Gasiorowski, Benjamin Lavernhe, Rebecca Marder et Noam Morgensztern), maniant guitare, basse, trombone, clarinette, piano, claviers batterie et percussion, ils évoquent Serge Gainsbourg à travers quelques bribes d’interviews, où éclate son goût pour la provocation mais surtout à travers ses chansons. Sans ordre chronologique, mais au gré des humeurs, chacun à son tour est l’homme à la tête de chou, interprétant ses chansons, celles du temps où il n’était pas encore Gainsbarre. Pour la musique on trouve un peu tout ce que Gainsbourg a adopté le yéyé, le rock, la pop, le jazzy, mais les paroles ne sont qu’à lui. On reconnaît ses jeux sur les mots, les mots à double sens et les calembours.

Théâtre : Les Serge

Les acteurs glissent des chansons aux déclarations du chanteur, sans s’y appesantir, mais en laissant percer sa profonde mélancolie, son agressivité qui cachait sa timidité, ses obsessions érotiques, sa lucidité cruelle et son goût pour la provocation. L’ambiance est plutôt celle d’un concert que celle d’un cabaret et cela commence bien sûr par Le poinçonneur des Lilas . La fumée des cigarettes accompagne les chansons, l’arrivée par la salle de Rebecca Marder, la seule comédienne-instrumentiste de la Troupe, apporte son lot de séduction sensuelle, les réponses de Jane Birkin lors d’une interview éclairent avec humour la relation du couple mythique. Gainsbourg aurait sûrement adoré entendre les six comédiens chanter en chœur, avec un air faussement naïf et des échos presque liturgiques Les sucettes à l’anis, cette chanson écrite pour France Gall, qui n’en avait absolument pas compris les sous-entendus. On passe du rythme de Love on the beat à l’émotion avec La noyée , de l’ambiance jazzy avec Black trombone à la douceur de la Javanaise .

Gainsbourg a dit « J’étais un homme intègre quand je faisais de la peinture. Quand je me suis mis à la chanson, je suis devenu opportuniste car c’est tout ce qu’elle mérite ». À écouter ses chansons et leurs superbes interprètes on en doute !

Micheline Rousselet

Du mercredi au dimanche à 18h30

Studio-Théâtre de la Comédie Française

99 rue de Rivoli, Galerie Carrousel du Louvre, Place de la Pyramide inversée, 75001 Paris

Réservations : 01 44 58 15 15 ou www.comedie-francaise.fr

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