Actualité théâtrale

Au Théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu’au 23 octobre

"Les acteurs de bonne foi" Texte de Marivaux. Mise en scène Jean-Pierre Vincent

Un tonitruant chant de coq accompagne le lever de rideau. D’autres animaux de la ferme se manifesteront bruyamment au long du spectacle. Nous sommes à la campagne et Eraste, qui courtise une Marianne acquise à son amour, n’hésite pas à la renverser dans la paille pendant que Blaise empile les galettes de fumier et que l’impertinente Lisette joue les mouches du coche. Merlin, lui s’est mis en tête de faire jouer par les jeunes paysans un impromptu, ce qui ravit Madame Hamelin la citadine car elle aime le théâtre, mais contrarie la bourrue madame Argante qui ne voit dans tout cela que futilités. Madame Hamelin qui ajoutera au prétexte de la pièce de Merlin, l’annonce du prochain mariage d’Eraste avec Madame Araminte…
"Les acteurs de bonne foi" n’a pas été jouée du vivant de Marivaux. Elle a longtemps été ignorée avant de connaître de nombreuses mises en scène depuis une soixantaine d’années.
Jean-Pierre Vincent découvrit ce texte en 1970 avec son compère Jean Jourdheuil et cette découverte fit l’objet à l’époque d’une brève aventure théâtrale.
Si cette pièce très courte fut le plus souvent jouée accompagnée d’une autre pour atteindre une durée de spectacle normale, Jean-Pierre Vincent la propose seule sur le plateau de la grande salle des Amandiers de Nanterre.
Est-ce l’étirement du texte mais la lenteur des premièrs moments inquiète un peu. On cherche l’origine de ce manque de rythme, de cette nonchalance dont on se prend parfois à penser qu’elle n’est pas le fait d’un jeu manquant de vigueur, mais un désir du metteur en scène de lutter contre la pente naturelle du texte qui se prête aux facilités.
Il faut attendre les entrées tonitruantes de madame Argante (Annie Mercier), de madame Hamelin(Laurence Roy)et d’Araminte (Anne Guégan) pour que le spectacle décolle, trouve son rythme et devienne une irrésistible et brillante comédie. Car c’est l’impression qui reste, celle d’une mise en scène heureuse et inventive. Fallait-il passer par ce premier quart d’heure un peu flâneur pour mieux livrer tout à coup le texte à son potentiel de drôlerie et donner un spectacle qui ravit le public…
Francis Dubois

Théâtre Nanterre-Amandiers
7 avenue Pablo-Picasso 92 022 Nanterre
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 46 14 70 00
www.nanterre-amandiers.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « À deux heures du matin »
    Pourquoi cet homme n’a-t-il pas allumé son téléphone portable depuis trois jours, pourquoi a-t-il effacé son compte facebook pour le rouvrir peu après sous un autre nom, pourquoi n’a-t-il pas pris... Lire la suite (17 septembre)
  • « Danser à la Lughnasa »
    Un jeune homme se souvient de l’été 1936 dans la maison familiale isolée en Irlande où il vivait avec sa mère et ses quatre tantes. Michaël s’en souvient car il y eut cet été là le retour de son oncle,... Lire la suite (16 septembre)
  • « Les naufragés » suivi de « La fin de l’homme rouge »
    Après Ressusciter les morts , Emmanuel Meirieu s’attache à nouveau à adapter deux livres témoignages, Les naufragés, avec les clochards de Paris de Patrick Declerck et La fin de l’homme rouge de... Lire la suite (16 septembre)
  • Théâtre 14
    Les nouveaux directeurs du théâtre 14, Mathieu Touzé et Édouard Chapot, proposent aux abonnés et aux curieux, pendant la durée des travaux au théâtre qui vont durer jusqu’au 20 janvier, UN PARCOURS... Lire la suite (13 septembre)
  • « Tempête en juin »
    Ce sont les deux parties de Suite française que Virginie Lemoine et Stéphane Laporte ont adapté et mis en scène (Virginie Lemoine seule pour la seconde partie) dans ces deux spectacles. Irène... Lire la suite (13 septembre)