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Un fil de Mélanie Laurent (France)

"Les adoptés"    Sortie en salles le 23 novembre

Dès les toutes premières séquences, on sait que le film de Mélanie Laurent ne nous conduira pas bien loin. La scène d’ouverture, appliquée, scolaire, maladroite et faussement drôle, nous aura prévenus.

"Les adoptés" est, entre autres choses, l’histoire d’une famille de femmes constituée de Millie, la mère, de Lisa, sa fille, de Marine l’autre fille adoptée et de Léo, le fils de Lisa, sept, huit ans.

Rien ne cloche vraiment, les rapports sont harmonieux jusqu’au jour où Marine rencontre Alex et met en péril l’équilibre fragile du château de cartes.

Le loup, qui a pourtant la douceur de l’agneau, est rentré dans la bergerie….

Faut-il aller jusqu’à imputer à cette rencontre passionnée, le grain de sable qui va tout chambouler. Marine, insouciante et heureuse, tellement gourmande de la vie, est victime d’un accident de la circulation et sombre dans un coma dont on sait à peu près qu’elle ne sortira jamais.

A ce moment du récit, on a déjà lâché en route le sujet initial, la peinture d’une famille de femmes, pour tenter de répondre à la question que se pose Mélanie Laurent : que deviennent les proches de celui qui sombre pendant des mois dans le coma. Pensent-ils de façon obsessionnelle à lui, à tous les instants ou bien, la vie reprenant le dessus, ils retrouvent leurs occupations et leurs préoccupations ordinaires et laissent passer au second plan de leurs soucis l’état du malade ?

On a très vite le sentiment que Mélanie Laurent navigue à vue et que la crainte d’avoir à traiter un sujet trop mince la pousse à compliquer la donne pour épaissir son récit qui connaît de longs moments de passage à vide.

Fallait-il que la jeune comédienne dont les prestations dans "Je vais bien, ne t’en fais pas" , "Le concert" ou dans "Inglourious Basterds" de Quentin Tarentino lui ont valu une certaine notoriété mais que sont venus contrarier quelques échecs cuisants comme "La rafle" ou "Requiem pour une tueuse" de sinistre mémoire, se lance dans la réalisation alors qu’elle a si peu à dire ?

Chaque scène qui survient était prévisible et Mélanie Laurent ne laisse filer aucun cliché sans le saisir au vol, pas même celui de la cérémonie de la dispersion des cendres de Marine.

Ce ratage est à regretter parce qu’il engloutit dans une médiocrité des comédiens talentueux comme Marie Denarnaud, Denis Ménochet ou Clémentine Célarié, ici dans un contre-emploi intéressant.

Toutes les jeunes comédiennes reconverties à la mise en scène ne sont, fort heureusement, pas toutes aussi peu inspirées. Les films de Judith Godrèche, Marina Déak, Julie Delpy, Maïwen ou Valérie Donzelli sont là pour prouver le contraire, et qu’elle peuvent, comme créatrices, avoir quelque chose à dire.

 

Francis Dubois.

 

 

 

 

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