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Un film de Vincent Lannoo (France-Belgique-Luxembourg)

"Les âmes de papier" Sortie en salles le 25 décembre 2013.

Paul a cessé ses activités de romancier. Il exerce dorénavant un drôle de métier : il s’est spécialisé dans l’écriture d’oraisons funèbres.

Victor, son vieux voisin, voudrait bien le voir sortir de sa vie de solitaire.

Un jour, Emma, une jeune veuve, vient demander à Victor de raconter son mari décédé à son fils de huit ans.

Mais alors qu’une idylle se noue entre Victor et Emma, surgissent des fantômes du passé qui viennent semer le trouble dans le quotidien et dans les esprits.

"Les âmes de papier" est une histoire d’amour et de revenants…

C’est une entreprise à hauts risques que de mener un récit à cheval sur le quotidien de personnages de chair et d’os et sur celui ambigu, de la réapparition d’un être dont la mort ne fait aucun doute.

Certaines scènes, et ce sont souvent des articulations du récit, souffrent d’un manque de mystère. Elles auraient sans doute gagné à être dans le flou alors que Vincent Lannoo les traite de façon frontale et avec beaucoup de limpidité.

L’apparition de Nathan, mort depuis des années, qui vient frapper à la porte de Paul en est peut-être la meilleure illustration.

Nathan, vêtu de la tenue qu’il portait le jour de sa mort apparaît dans le couloir transi de froid (nous sommes à Paris en plein hiver, autour de la période de Noël), les yeux ronds aussi surpris d’être là que l’est Paul de reconnaître dans ce visiteur, le mari d’Emma.

Une scène qui, comme quelques autres, aurait mérité un traitement plus ambigu.

L’originalité du sujet de départ se dilue çà et là dans des maladresses de scénario ou de mise en scène. Et c’est d’autant plus dommage que le film de Vincent Lannoo trouve à d’autres moments la tonalité qui convenait.

Si le personnage d’Emma est un peu lisse, un peu trop limpide, si celui de Nathan est un peu trop expressif, halluciné, celui de Paul, interprété par Stéphane Guillon, colle bien à la tonalité du récit en lui donnant la juste dimension entre le réalisme et le fantastique.

Ces réserves faites, il reste de très bonnes raisons d’aller voir ces " Âmes de papier" qui confirme avec les sorties récentes de quelques autres films comme "Nos héros sont morts ce soir" ou "Les conquérants", une tendance du cinéma français à sortir du nombrilisme contemplatif où il semblait s’enfermer depuis plusieurs années.

Car l’originalité du sujet reste souvent sauve.

Francis Dubois

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