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Un film de Xavier Dolan (Canada)

"Les amours imaginaires" Sortie en salles le 29 septembre

Francis et Marie sont amis de longue date. Un soir, au cours d’un dîner, ils rencontrent Nicolas. Une amitié immédiate les rapproche et la nécessité de se revoir de plus en plus souvent s’impose à eux dans les jours qui suivent. Ils finiront par former bientôt un trio d’inséparables, rêvant d’évasion et voyages. Lorsque les premiers nuages apparaissent sur cette amitié idyllique, ils sont tous les trois déconcertés. Les menaces se précisent et le destin de chacun tracera son propre chemin…
Xavier Dolan situe de nos jours une histoire inspirée des mentalités post soixante-huitardes, où les protagonistes sont en quête d’innovations dans le domaine des relations amoureuses. Le trio fonctionne sur les élans d’une amitié proche de l’amour sans nier les pulsions homosexuelles qui poussent les deux garçons l’un vers l’autre.
Mais l’harmonie d’un trio est fragile et les attirances de chacun, en fluctuant, provoquent l’inquiétude de celui qui, laissé un moment pour compte, finira par retrouver plus tard sa place privilégiée.

© photo Clara Palardy

Le jeu amoureux ainsi envisagé présente des dangers et expose chacun à des souffrances qu’il lui faut dominer pour ne pas risquer de rompre la magie ambiante.
Si le sujet et la qualité des sentiments triangulaires s’inspirent des tâtonnements amoureux de l’époque, de l’âge d’or de la chute des tabous et de la découverte des avantages de la vie communautaire, Xavier Dolan, qui pourrait bien être un nostalgique de cette époque révolue, pousse le bouchon jusqu’à utiliser la mode vintage pour vêtir ses personnages dans le style des années 70 comme il le fait pour la conception des décors.
Le risque d’aboutir à une démarche purement esthétique était grand mais le réalisateur réussit à détourner son histoire des pièges du cliché en enfonçant le clou, par un travail essentiellement basé sur une photographie très singulière, privilégiant le gros plan et un travail sur les couleurs, qui plonge le récit dans un domaine de narration complètement inédit.
Et le film atteint son but quand il montre sur l’écran, par des contrastes de couleurs, les excès d’une photographie acide et léchée, et qu’il parvient à établir un lien heureux entre une démarche esthétique frisant le maniérisme et un récit d’inspiration contemporaine qui, à certains moments, bascule dans le domaine du conte.
Il faut -aller-voir le film de Xavier Nolan comme une œuvre novatrice, attachante et singulière qui fonctionne sur des éléments et une construction risqués, les déjoue et prend le chemin de l’enchantement sans perdre de vue la gravité du propos.
Xavier Nolan est un tout jeune homme. Il en est à son deuxième long métrage après le remarqué "J’ai tué ma mère" en 2009. C’est sans doute un réalisateur avec lequel il faudra compter.
Francis Dubois

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