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Un film de Riad Sattouf (France)

"Les beaux gosses" Sortie en salles le 10 juin

Hervé, Camel, Benjamin et Meryl ont quatorze ans. Ils sont élèves d’une classe de troisième dans un collège de Rennes. Ils ont en commun un physique ingrat d’adolescents boutonneux qui, non seulement les empêche d’approcher les filles, mais les expose de la part de celles-ci et de leurs camarades de classe plus audacieux et mieux nantis, à de cruelles brimades. Leur frustration associée à leurs pulsions exacerbées les réduit à des comportements obsessionnels, à des plans foireux et les conduit, à l’occasion, à exercer sur des plus mal lotis qu’eux une autorité pitoyable…
Quel film a voulu réaliser Riad Sattouf avec "Les beaux gosses" ? Est-ce une peinture de l’adolescence actuelle ou, de façon plus ambitieuse plus universelle, une comédie approximative mais efficace dont la maladresse des personnages serait prétexte à toutes sortes de situations cocasses ? SNES_LesBeauxGosses
Dans un cas comme dans l’autre, l’objectif est manqué. Il paraît difficile de réduire comme le fait Riad Sattouf la peinture d’une adolescence à ses pulsions sexuelles et à rien d’autre, à une enfilade de clichés, à des dialogues approximatifs et des portraits d’adultes uniquement prétextes à forcer le trait comique. La mère d’Hervé n’a aucune consistance psychologique pas plus que celle d’Aurore dans laquelle il suffit qu’Hervé reconnaisse le mannequin sur catalogue qui a servi de support à plus d’un de ses plaisirs solitaires. Que viennent faire dans le tableau une bien improbable Principale de collège qui s’en remet à son "surveillant général" –tout autant improbable- quand on sait que le titre de la fonction a changé depuis presque quarante ans !
Un scénario chaotique, mal fagoté et qui fait feu de tous bois sans se soucier de l’authenticité du contexte, qui ne propose qu’une suite de situations approximatives, de personnages éculés, qui s’appuie sur tous les tics de comportements actuels -sauf l’élément majeur de communication qu’est le téléphone portable- ne pouvait déboucher que sur une comédie poussive, parfois franchement affligeante et déjà franchouillarde.
Il est bien possible que "Les beaux gosses" qui figurait sur la liste de la sélection de la quinzaine des réalisateurs à Cannes, fasse, malgré sa médiocrité, un succès en salles. Si c’est le cas, on tiendrait une fois de plus la preuve qu’on est devenu friand d’un cinéma de divertissement même s’il d’une contestable qualité, à la seule condition qu’il cède, même à bon compte, à l’efficacité du gag à tout prix…
Francis Dubois

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