Actualité théâtrale

Théâtre 13 Jardin Paris jusqu’au 10 juin 2012

"Les cancans" Partenaire Réduc’snes

"Les cancans"

De Carlo Goldoni
Mise en scène de Stéphane Cottin

Checchina aime Beppo et Beppo brûle d’amour pour Checchina. Les deux familles sont d’accord pour les épousailles.

Rien ne devrait venir faire obstacle à l’union des deux jeunes gens si ce ne sont les cancans, véhiculés par cousines et voisines à partir de suppositions ou de secrets jusque-là bien gardés

et qui, subitement, se dévoilent et se répandent.

L’une des commères confie à une autre que Checchina ne serait pas la fille de son père et que les origines de sa naissance seraient plus que douteuses. La rumeur arrive jusqu’au fiancé, qui, la mort dans l’âme, est prêt à rompre au nom de son honneur.

Mais une fois le mécanisme des cancans enclenchés, rien n’arrête l’escalade des révélations qui vont jusqu’à faire croire que Checchina ne serait que la fille d’un marchand de cacahuètes…

La pièce de Goldoni est une comédie de caractères irrésistible, construite comme un château de cartes, un élément s’ajoutant à un autre, formant un édifice fragile mais redoutable.

Nous ne sommes pas ici dans le pur divertissement même si les situations qui s’enchaînent sont drôles et toujours inventives, mais dans une comédie où se lisent en filigrane la cruauté humaine, l’omniprésence des castes et la constante précarité des êtres.

Checchina, placée au cœur de la machination, soumise au tourbillon incessant des médisances, finit par n’avoir plus aucune prise sur sa destinée et à apprendre qu’il ne suffit pas d’être, mais qu’il faut aussi paraître.

Les personnages, hauts en couleur, malgré des costumes qui, dans les premiers instants du spectacle, pourraient laisser imaginer le pire, se maintiennent dans les bonnes limites de la comédie de caractères. Les comédiens parviennent à contenir leur jeu dans une caricature maîtrisée et à créer un intervalle où la gravité du propos trouve sa place.

La mise en scène est sage. Elle se contente d’égrener le texte et les rares audaces dont fait preuve Stéphane Cottin est de nous servir en milieu et en fin de spectacle, une chorégraphie qui vient comme un cheveu sur la soupe mais n’entame pas le plaisir.

Le public, l’autre soir, était aux anges. Il riait beaucoup et les chaleureux rappels prouvaient qu’il y a dans ces "Cancans" matière à s’amuser.

Francis Dubois

Théâtre 13/ Jardin

103 A Boulevard Auguste Blanqui 75 013 Paris

www.theatre13.com

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 45 88 62 22

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La lune en plein jour »
    La comédienne, autrice et metteuse en scène Marisa Tomé se penche sur son histoire, une histoire marquée par l’exil, celui de son arrière grand-mère juive polonaise ayant fui la Pologne pour un pays... Lire la suite (16 janvier)
  • « Rosa Luxemburg Kabarett »
    Pourquoi faire un portrait de la révolutionnaire mythique sauvagement assassinée en janvier 1919 par ces Corps Francs qui annonçaient les S.A et le nazisme à venir ? Parce que ses discours et ses... Lire la suite (14 janvier)
  • « Du ciel tombaient des animaux »
    Quatre dames d’un certain âge sont assises prenant le thé dans un jardin. Aux trois amies s’est jointe une femme, Mrs Jarrett, qui passait dans la rue et qu’elles ont invitée à les rejoindre. Elles... Lire la suite (13 janvier)
  • « Ploutos »
    L’inégalité des richesses, un thème d’actualité avec les Gilets Jaunes que faisait pourtant déjà vivre Aristophane dans sa dernière comédie en 388 avant Jésus-Christ. Un honnête paysan athénien, Chrémyle,... Lire la suite (12 janvier)
  • « Phèdre »
    Brigitte Jaques-Wajeman nous a fait découvrir chez Corneille des portraits de femmes combattantes qui forçaient l’admiration. Elles se battaient pour défendre leur amour, ou s’en déprendre, alors que... Lire la suite (12 janvier)