Actualité théâtrale

Á partir du 14 janvier au Petit Montparnasse

« Les chatouilles »

Odette s’est jetée dans la danse comme on se jette à l’eau. Jolie petite fille blonde, elle a subi « les chatouilles » d’un ami de la famille. Cette histoire de viol d’une enfant s’est imposée à Andrea Bescond, elle-même danseuse. C’est un combat pour exister, pour respirer, pour survivre qui mène son héroïne des tournées de danse et des comédies musicales aux castings miteux, de l’alcool à la drogue, jusqu’à ce qu’elle trouve, des années plus tard, la force de dire, de porter plainte, d’aller en justice, de faire entendre ce que beaucoup, y compris sa propre mère, ne veulent pas entendre. C’est seulement à ce moment qu’elle pourra commencer à se reconstruire.

Théâtre : les chatouilles

Andrea Bescond est Odette. Naïve, elle est trompée par un adulte qui semble bienveillant, elle subit, se tait, croit trouver une échappatoire, est rattrapée, trouve dans la danse un moyen de crier les mots qu’elle n’arrive pas à prononcer. Danser c’est arriver à donner à son corps une autre place que celle d’une proie pour pédophile. La danse et la musique tiennent une place centrale, mais il y a une autre originalité dans cette création. On n’est jamais dans le pathos ni dans le voyeurisme, c’est la vie qui pétille. Il y a des chagrins énormes, des souffrances que l’on crie mais aussi beaucoup d’humour et des rires qui éclatent.

Très bien mise en scène par Éric Métayer, Andréa Bescond explose sur la scène. Danseuse, elle sait tout faire de la danse contemporaine à la comédie musicale, de la danse classique au hip-hop. Actrice, elle joue tous les rôles, de la petite fille au professeur de danse à l’accent marseillais, accablée par la chaleur et son embonpoint, coincée entre les injonctions aux élèves et les réponses aux parents. Elle est cette enfant puis cette jeune femme qui virevolte de ville en ville, file de tournée en tournée, s’étourdit de fête en fête et à qui il faudra un énorme courage pour parler à sa mère, qui fuit toute confidence et nie la souffrance de sa fille, comme au flic de base, peu délicat, qui reçoit sa plainte. On la suit du rire aux larmes et l’on a envie de la prendre dans ses bras.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 21h, matinée le samedi à 16h30

Petit Montparnasse

31 rue de la Gaîté, 75014 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 22 77 74

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Crise de nerfs »
    Peter Stein a choisi de mettre en scène trois courtes pièces de Tchekhov et de confier à Jacques Weber le rôle principal. Le metteur en scène a choisi de commencer par la pièce la plus sombre, qui... Lire la suite (26 septembre)
  • « Diane self portrait »
    Diane Arbus (1923-1971) est une figure majeure de la photographie de rue du XXème siècle. Fille de commerçants aisés juifs new-yorkais, elle a rencontré à quatorze ans celui qui devint son mari Allan... Lire la suite (25 septembre)
  • « Contrebrassens »
    Une femme qui chante Brassens cela surprend et enchante, quand elle a la malice et la grâce féminine que célébrait le grand Georges. Très inspirée par les textes et les mélodies du chanteur, car on... Lire la suite (25 septembre)
  • « Mademoiselle Julie »
    La pièce d’August Strindberg a été montée plusieurs fois la saison passée, pourtant on a l’impression de la redécouvrir chaque fois au gré des adaptations et des interprétations, tant elle est riche et... Lire la suite (19 septembre)
  • « L’Amérique n’existe pas »
    Un homme, bien seul au milieu de cartons plus ou moins bien empilés, se lance dans un monologue. Il raconte des histoires, il fait naître des personnages comme cet homme qui ne monte jamais dans un... Lire la suite (18 septembre)