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Un film de Xabi Molia (France)

"Les conquérants" Sortie en salles le 25 septembre 2013

Demi-frères, Galaad et Noé, la quarantaine incertaine, se rencontrent à l’occasion de l’enterrement de leur père. De nature très différente, l’un est l’entraîneur d’une équipe de football locale, l’autre est un comédien de troisième rang en attente de la reconnaissance de son talent, ils n’ont en commun que la poisse qui les poursuit.

Persuadé que le mauvais sort s’acharne sur eux parce que leur père a un jour dérobé une relique sacrée, Galaad convainc son frère de partir avec lui à la recherche du graal, là où il est caché.

Ils s’improvisent aventuriers et, aidés de quelques vagues indications qu’ils ont récoltées ici ou là, ils mettent le cap en direction des Pyrénées.

L’idée de départ de Xabi Molia était de faire "une comédie sur des gens qui vont mal". Les ingrédients de la comédie sont bien là, dans les situations pouvant aller jusqu’au surnaturel et à l’absurde. Le mal être des protagonistes également, quand on sait que l’un vient d’apprendre qu’il a été licencié et que l’autre est atteint d’un cancer dont il a volontairement interrompu le traitement.

Et c’est dans ce brassage des genres, la façon légère de traiter le scabreux, sans se prononcer sur le un ton définitif, que Xabi Molia fait merveille. Il exploite aussi peu le drame que la comédie, laisse les personnages, livrés à leur candeur et à leur intuition, se débrouiller tout seuls et devenir les héros d’une aventure épique réduite à la dimension de leurs capacités modestes de "gagne-petit".

Le film ballade les deux personnages au hasard du "vent qui les pousse" et de rencontres qui, tout à coup vont les faire progresser dans leur quête ou au contraire, leur faire faire machine arrière.

Si le film de Xabi Molia frise parfois la nonchalance, c’est pour mieux rebondir là où on l’attend pas, avec des clins d’œil à la BD, l’entrée en jeu d’une joyeuse randonnée ou l’apparition d’un ours trouble-fête. L’obstination quasi puérile des personnages et leur élans de vaillance sont là pour nous rappeler que le film a pour titre "Les conquérants" et qu’il y a bel et bien quelque chose d’audacieux dans le récit modestement aventureux et chez ces personnages ordinaires.

Les mots manquent pour définir le film de Xabi Molia au charme presque poétique, bucolique et montagnard, aventureux et paisible, farceur et poignant mais qui plus encore qu’à ses personnages, appartient aux deux comédiens qui le portent, l’accompagnent ? Comment pourrait-on dire ?

Le tandem Denis Podalydes/Mathieu Demy, très loin des duos mercantiles, fonctionne à merveille, fait mouche à tout instant sans n’avoir jamais recours au moindre effet, sans jamais forcer le trait, sans jamais pousser le jeu, forcer la mimique.

Il ne faut pas manquer ce film qui est un "joyau dans le coffret des films de la rentrée" …

Francis Dubois

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